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Neckermann demande à être protégé contre ses créanciers

Neckermann demande à être protégé contre ses créanciers
Belga

«Le mandataire de justice pourra entamer les négociations avec différents intervenants intéressés par la reprise des agences et du personnel», assure Neckermann. «Les clients n’ont pas de souci à se faire. Comme la faillite a pu être évitée, les voyageurs belges peuvent encore réserver/modifier leurs réservations ou échanger leur voucher.»

Une société de capital investissement s’est montrée intéressée par une éventuelle reprise, indique le voyagiste. C’est pour se protéger pendant la période de négociation que la direction a opté pour une procédure de transfert sous autorité judiciaire. Un entretien serait prévu avec la société de private equity.

Neckermann recherche un repreneur qui pourra racheter le voyagiste, les agences et les employés. Le nouveau propriétaire deviendrait «l’actionnaire de référence».

«Une chose est sûre, c’est que le fonds intéressé veut garder la marque, le nom de Neckermann. Avec combien de membres du personnel et combien de magasins, ce n’est pas encore clair. Le fonds est situé au Benelux et n’est pas encore actif dans le secteur des voyages. Il est constitué de particuliers et d’entreprises qui croient en la marque», a confié la syndicaliste Els De Coster (CGSLB) à l’agence Belga. A l’heure actuelle, Neckermann emploie 152 collaborateurs et dispose de 50 magasins.

«Je crois fermement en l’avenir de Neckermann. Avant la crise du coronavirus, les affaires tournaient bien, et nous semblions tirés d’affaire après le rééchelonnement de notre dette. Hélas, à ce jour, nous n’avons toujours pas reçu de soutien financier de la part des autorités alors que nous avons été frappés de plein fouet par la crise. Cette nouvelle disposition LCE (loi sur la continuité des entreprises) offre de nouvelles perspectives: je suis persuadé que nous allons rapidement trouver un repreneur et que Neckermann pourra repartir sur de bonnes bases», déclare Laurent Allardin, CEO Neckermann, cité dans le communiqué.

Fin de l’année dernière, le tribunal de l’entreprise du Brabant wallon a approuvé un rééchelonnement de la dette de Neckermann. Dans ce cadre, l’actionnaire espagnol de Neckermann, Wamos Group, avait promis d’injecter 3,5 millions d’euros de capitaux dans Neckermann. Néanmoins, cette augmentation de capital n’a pas eu lieu, car Wamos Group ne disposait lui-même pas des fonds nécessaires.

Neckermann tente de se relancer depuis la faillite de sa maison-mère britannique Thomas Cook en 2019. La reprise de Wamos, un acteur majeur du tourisme espagnol, lui a permis de conserver la plupart de ses agences en Belgique jusqu’à présent.

L’entreprise a en outre fortement souffert de la crise du coronavirus. Même si le personnel des agences est au chômage temporaire, certains coûts demeurent comme les loyers et le plan de remboursement convenu dans le rééchelonnement de la dette. Le conseil d’administration est cependant convaincu que l’entreprise pourra reprendre une activité saine après la crise.

La direction compte également sur une aide financière du fédéral d’environ 700.000 euros, qui doit encore être approuvée par les députés, au plus tôt la semaine du 1er mars.

Un état des lieux de la situation sera dressé le 22 février lors d’un conseil d’entreprise.

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