Un baby-boom en 2021 ? Non, mais une hausse quand même

Un baby-boom en 2021 ? Non, mais une hausse quand même

Si davantage de bébés avaient effectivement été conçus pendant le confinement, de mars à mai, les naissances auraient dû augmenter fin 2020 mais aussi en javier et février 2021. Or, en Wallonie, la tendance serait plutôt à la baisse. Du côté du CHR de la Citadelle à Liège, on recense 33 naissances de moins en décembre. « Sur l’ensemble de l’année, on tourne habituellement autour des 2.500 naissances. Soit quelque 200 par mois. Pour le mois de janvier, on est à 168 naissances. Le compte n’y est donc pas », souligne-t-on du côté du service communication. Même son de cloche pour le centre hospitalier de Mouscron. « Les chiffres restent stables. On observe même une légère baisse par rapport à l’an dernier. »

Ces prévisions confirment une tendance observée au niveau européen. En Italie par exemple, les naissances en décembre ont chuté de 21,6 %, selon les chiffres de l’institut statistique ISTAT, rapportés par l’agence de presse Reuters. Autre indicateur du côté de la Grande-Bretagne : le nombre de poussettes importées n’a jamais été aussi bas.

Reuters cite également une enquête européenne menée dans 5 pays européens qui révèle que de nombreux couples avaient en réalité renoncé à avoir des enfants pendant le confinement. L’une des raisons évoquée par plusieurs démographes est l’incertitude économique engendrée par la crise. Les parents préfèrent alors reporter à des jours meilleurs.

Grossesses en hausse

Ces jours meilleurs ne sont pas encore arrivés et pourtant, certains gynécologues constatent déjà une hausse de grossesses au sein de leur patientèle. Le centre hospitalier de Mouscron pressent notamment une augmentation des naissances pour les mois de mars et avril, même si cela reste à confirmer. Pour le Dr Renaud Louis, chef du service d’obstétrique de la Clinique CHC MontLégia, une augmentation des naissances dans les prochains mois n’est en effet pas à exclure. « Parmi les personnes qui ont décidé de reporter leur projet de grossesse, un certain nombre commence probablement à en avoir marre », souligne-t-il. « À un moment, la vie va reprendre ses droits. Le nombre de naissances va repartir à la hausse. »

Au Chirec, sur le site Delta, une hausse est néanmoins déjà observée sur le début du mois de février. Il s’agit donc de bébés conçus en mai. « Chez nous, nous n’avons pas eu de baisse au cours des derniers mois », précise le Dr Christophe Cayphas, co-chef du service de maternité. « En février, si l’on regarde les chiffres jusqu’au 17, on constate déjà une augmentation de 16 % ! » Il considère toutefois que c’est trop tôt pour parler de vraie tendance. « Pour février, c’est une belle augmentation. Mais il faudra voir si cela se confirme. Si je parle à titre personnel, je peux dire que j’ai effectivement pas mal de patientes qui sont enceintes. »

Des augmentations sont donc pressenties. Mais peut-on s’attendre à une véritable explosion ? Le premier confinement n’a visiblement pas poussé outre mesure à la procréation et notre pays n’est pas non plus à l’aube d’une vraie libération. « Ce n’est pas comme à la fin de la guerre, où tout le monde célèbre l’armistice et fait des bébés », schématise le Dr Renaud Louis. « Ici, les choses évoluent par phases. La vaccination va prendre du temps. Je tablerais donc plutôt sur un effet de rattrapage. » L’hôpital mouscronnois semble du même avis : « Il y a effectivement un sentiment d’augmentation mais de là à parler d’un baby-boom ? », s’interroge-t-il. Le Dr Christophe Cayphas considère, lui, que l’hypothèse tient la route même s’il rappelle que, chez lui, il n’y a pas eu de baisse. Ce ne serait donc pas un rattrapage mais une légère augmentation. « Ce que j’entends, c’est que des couples ont notamment inversé la tendance et ont décidé de faire un bébé avant de se marier. »