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Flashé, il démolit les Lidar avec une dépanneuse

Un habitant de Pepinster était poursuivi devant le tribunal pour avoir endommagé cinq radars de type Lidar le long de l’autoroute à l’aide d’un camion. S’il n’en reconnaissait qu’un, il risquait cependant un an de prison mais surtout de lourds dommages à rembourser. Il écope finalement de 10 mois de prison, avec sursis probatoire.

Fin 2017 et début 2018, une épidémie d’actes de vandalisme sur des radars de type Lidar installés le long de la bretelle d’autoroute de Battice à Verviers semble se répandre. En cinq mois de temps, ce sont cinq radars qui sont ainsi mis hors d’usage, à l’aide semble-t-il d’un véhicule lourd genre camion, d’après les constatations. Et en effet, l’analyse des images de la caméra révèle que c’est un camion genre dépanneuse de couleur jaune qui a endommagé l’un d’eux, et même un début de plaque d’immatriculation.

C’est lourd, un Lidar!

Avec ça, les enquêteurs remontent vite à une grosse société de dépannage de Verviers dont le patron indique que cette nuit là, c’était Marc son beau-frère (le compagnon de sa sœur) qui utilisait le véhicule.

Interrogé, Marc admettra que c’est bien lui qui a fait le coup, et dans la foulée, reconnaîtra avoir déjà ce même coup deux autres fois.

C’est donc pour la destruction de cinq radars que Marc (53 ans) était poursuivi devant le tribunal correctionnel, où il ne reconnaît plus qu’un seul fait, celui commis avec la dépanneuse. « C’est vrai, j’avais déjà essayé avec ma voiture à deux reprises, mais impossible de bouger ces engins qui pèsent 3,5 tonnes. Je ne voulais pas les abîmer, mais simplement les désaxer, pour qu’ils ne puissent plus flasher parce que j’avais déjà été flashé moi-même plusieurs fois par ces radars. »

Mais Mme Philips, ministère public, était convaincue qu’il est bien l’auteur de quatre actes de vandalisme, un doute pouvant subsister pour le cinquième. « Le modus operandi est chaque fois le même, avec un engin lourd, aux mêmes heures la nuit, à des endroits géographiquement proches et à une même époque. Et il a reconnu dans un premier temps avoir commis des faits similaires. » Elle réclamait un an de prison.

Mais c’est sur le plan financier que la sanction risquait d’être lourde. Me Troxquet, partie civile, réclamait en effet la bagatelle de 81.000 euros. « Réparer un Lidar, cela coûte la peau des fesses. Il a fallu en effet à chaque fois les ramener en Suisse. »

Pour Me Bourguet, l’avocate de Marc, on ne peut prouver qu’un seul fait, celui avec la dépanneuse qu’il n’a utilisée qu’une seule fois. Et de rappeler qu’une quarantaine d’actes de vandalisme par an sont commis sur des radars. Elle contestait aussi les sommes réclamées, le décompte n’étant pas du tout clair. Elle sollicitait un sursis probatoire.

C’est ce que le tribunal a accordé pour les 10 mois de prison et 800 euros d’amende qu’il inflige à Marc, le reconnaissant coupable de quatre dégradations. Quant aux dédommagements financiers, ils seront examinés ultérieurement.

Ils sont trop souvent pris pour cibles

« Je ne peux que me réjouir de cette condamnation », réagit Pierre Grisard de la firme Sécuroad qui commercialise les Lidar. « Par le passé, la justice a classé sans suite d’autres dossiers et on ne voit toujours rien venir pour d’autres faits ». Il ne compte pas en rester là et espère bien obtenir gain de cause au civil pour les dédommagements.

« Nous avions connu une vague de vandalisme pendant la mobilisation des Gilets jaunes. Depuis la crise sanitaire, les dégradations se limitaient à des graffitis ou de la peinture. Des choses qui peuvent se nettoyer. À chaque fois, on regarde les images pour voir si les auteurs peuvent être identifiés » indique notre interlocuteur.

C’est dans ce contexte qu’un Lidar a été incendié voici une dizaine de jours à Bruxelles. L’équipement a résisté au feu, mais faudra le nettoyer. Pierre Grisard ne masque pas son inquiétude quant à l’après-Covid : « Je redoute le pire. Cette crise va créer un désastre économique avec de possibles soulèvements sociaux. Il y aura forcément un regain de vandalisme, y compris contre les radars qui représentent l’État ».

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