Vers une autre pandémie! Selon les généralistes, les patients ne tiennent plus psychologiquement

Le Belge va de plus en plus mal, il confie son mal-être à son généraliste.
Le Belge va de plus en plus mal, il confie son mal-être à son généraliste. - 123RF

« Nous voulons mettre en lumière l’état des patients qui peuplent nos cabinets. Car près d’un an après le début de l’épidémie en Belgique, nous ne pouvons ignorer le fait que nos discussions avec les patients ne sont plus les mêmes que d’habitude. Les gens vont mal. Pas tous, et tant mieux. Mais des gens qui allaient bien – ou qui semblaient aller bien – souffrent désormais », met en garde le Collège de Médecine Générale (CMG). « Nous ne pouvons que constater que, par rapport à plus tôt dans la pandémie, nous voyons entrer dans nos cabinets de plus en plus de patients dont le moral est en berne, dont le mal-être devient évident et parfois insupportable et, pour certains, dont l’état psychologique provoque une réelle souffrance. Et cela touche tous les publics, tous niveaux d’éducation, de classes sociales, de socialisation, de santé confondus. De plus en plus fréquemment, avec de plus en plus d’intensité, les témoignages des patients face à la difficulté de cette pandémie remontent vers les généralistes ».

Incompréhension, doute…

Le Collège de Médecine Générale remarque que certains patients doutent, d’autres ne comprennent pas et d’aucuns sont désabusés. « Les mesures qui ont été prises pour tenter de préserver notre système de santé sont parfois difficiles à comprendre. L’objectif de ces règles ne semble pas clair pour tout le monde, du moins, le manque d’explications des décisions a un impact sur la légitimité que les citoyens leur trouvent. À cette perte de sens, se couple un grand vide qui en désempare plus d’un. Un vide que l’animal social qu’est l’être humain ne peut plus combler par des interactions sociales, des divertissements ou des projets. Manquer de lui expliquer précisément pourquoi on les lui enlève, pourquoi celles-là plutôt que d’autres et jusqu’à quand, provoque de l’incompréhension, de la frustration et des questions : sur nos libertés, nos perspectives. Les mesures qui changent sans cesse, les critères qui semblent arbitraires, la solitude qui nous est imposée, sont autant de sources de mal-être », explique le CMG.

Un constat qui se confirme chez les psychologues. « Nous sommes débordés de travail, c’est du jamais vu ! On est de plus en plus à devoir refuser de nouveaux patients tellement la demande est grande depuis l’été », nous confie Élodie.

Généralistes et psychologues appellent à « aller plus loin que cette seule observation ». « Une phase d’étude ? Une enquête populationnelle ? Peu importe, on peut y réfléchir ensemble. Mais pour amener des solutions à ce phénomène, il faut commencer par le faire exister, le nommer et le quantifier », concluent les médecins.