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Covid-19: les Alpes-Maritimes suspendues aux nouvelles mesures

Le ministre français de la Santé Olivier Veran et le maire de la ville de Nice Christian Estrosi
Le ministre français de la Santé Olivier Veran et le maire de la ville de Nice Christian Estrosi - Prétexte Belga

« Si c’est nécessaire, il faut le faire », réagit à Nice Pierre Mondoloni, 78 ans, anticipant un possible reconfinement le week-end dans sa ville du bord de Méditerranée. « Ça veut dire que pendant quelques jours les gens ne vont pas sortir, eh bien, tant pis », poursuit, résigné, le retraité.

Après deux jours d’attente, depuis la visite samedi à Nice du ministre de la Santé Olivier Véran, le suspense devrait prendre fin à 12H00, avec une conférence de presse du préfet des Alpes-Maritimes Bernard Gonzalez pour « un point sur l’évolution de la situation sanitaire » dans le département. Des propositions de mesures pour le département ont été transmises dimanche au gouvernement après consultation des élus.

Selon Alexandra Valetta-Ardisson, députée LREM des Alpes-Maritimes, les élus ont proposé plusieurs pistes, dont un « confinement ciblé sur le week-end et uniquement sur (…) le littoral » et « l’interdiction des entrées dans le département, sauf motif impérieux ».

A Nice samedi, Olivier Véran avait évoqué la possibilité « d’une accentuation du couvre-feu, voire d’un confinement partiel ou total ».

Le taux d’incidence est particulièrement élevé dans la métropole niçoise, avec plus de 700 cas positifs pour 100.000 habitants, plus de trois fois la moyenne nationale (190), tandis qu’environ 10 % des tests de dépistage s’avèrent positifs (contre 6 % pour l’ensemble de la France), dans un contexte de diffusion du variant britannique, plus contagieux.

Le maire LR de Nice Christian Estrosi, qui multiplie les initiatives et les prises de parole depuis le début de la crise sanitaire, penche, lui pour un confinement le week-end, une option qui découragerait les touristes qui auraient voulu réserver un séjour à Nice, ainsi que « ceux qui prennent des risques en se rassemblant à 10, 15 ou 20 le week-end ».

Un constat partagé par le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Muselier qui a plaidé pour que des décisions concernant le week-end se fassent « sur le territoire du littoral et le plus vite possible ».

Il a évoqué des chiffres « inquiétants » : en réanimation, il n’y a « plus que 14 places libres dont 8 hors covid, 6 pour le covid. (…) Il n’y a plus de place ni à Cannes, ni à Antibes, et à peine à Nice », a-t-il dit sur CNews.

« Il faut régler ça au plus tôt pour ne pas condamner la saison d’été, donc il faut serrer la vis », a ajouté le président de région, alors que les vacances viennent de débuter dans la zone B dont font partie les Alpes-Maritimes et se poursuivent pour la C.

«Rustine sur jambe de bois »

« Abasourdie » par cette possibilité d’un reconfinement du weekend, Patricia Fantapiè, 52 ans, se dit « démoralisée » : « C’est une privation encore de nos libertés, je serais ravie que l’on annonce davantage de stratégie, d’ouverture de lits. On va vivre avec ce virus, on ne peut pas vivre sans cesse enfermé. C’est injuste. C’est une rustine sur une jambe de bois », a déploré cette commerciale dans le secteur du tourisme.

Au niveau national, la situation reste aussi tendue, comme dans la région parisienne par exemple où le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, observe depuis plusieurs semaines « une augmentation régulière du nombre d’entrées ».

Une bonne nouvelle toutefois, « 75 %, des résidents en Ehpad ont été vaccinés avec un bon taux d’acceptation », a souligné lundi sur LCI le coordinateur de la campagne de vaccination en France Alain Fischer, qui espère « dans un délai peut-être pas trop lointain en voir les premiers effets, en terme de réduction d’hospitalisation, et espérons de mortalité ».

« D’ici juin, on aura terminé de vacciner l’ensemble des personnes fragiles, 17 à 20 millions de Français, en tout cas ceux qui voudront », a-t-il souligné.

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a affirmé de son côté samedi que les règles sanitaires mises en place dans les établissements scolaires allaient être « stabilisées » après les vacances.

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