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Coronavirus: la commission spéciale Covid du parlement bruxellois entre dans la dernière ligne droite de ses travaux

Coronavirus: la commission spéciale Covid du parlement bruxellois entre dans la dernière ligne droite de ses travaux
Belga

Son rapport fait mille pages. Il reste encore quelques heures aux commissaires pour défendre leurs derniers amendements. Les recommandations présentées lundi dans les grandes lignes à la presse par les rapporteurs Delphine Chabbert (PS) et Juna Morenao Benjumea (Groen), le président de la commission Rachid Madrane (PS) et les représentants de chaque groupe représenté dans la commission seront adoptées à une large majorité.

La méthode de travail suivie par le président et les deux rapporteurs a été applaudie jusque dans les rangs de l’opposition MR, N-VA, et cdH.

En gros, les recommandations couvrent la manière dont la crise a été gérée à Bruxelles dans ses volets prévention, sécurité et coordination ; social et santé ; économie et emploi. Un quatrième volet, plus transversal, reprend des recommandations en matière de limitation des libertés, de contrôle démocratique et de vie privée.

« Nous avons dû souvent éteindre des incendies durant cette crise, mais si on veut en prévenir et limiter le risque, il faut prévoir un plan pandémie avec une capacité suffisante en matériel et en personnel et agir plus vite sur la balle. Il faut une unité de commandement, un commandant de pompiers, mais aussi des pompiers sur le terrain avec connaissances. Il faut une unité de communication au niveau national et même européen. Il faut une échelle pour aller aider ceux qui se trouvent le plus exposés à l’incendie », a résumé Juan Moreno Benjumea.

Delphine Chabbert a souligné que les rapporteurs avaient adopté la démarche « la plus rassembleuse et la plus concertée » avec l’ensemble des groupes pour avoir un texte « le plus large et le plus partagé possible ».

Les recommandations bruxelloises ont par ailleurs l’ambition de permettre au gouvernement bruxellois de disposer d’un plan de travail et d’aboutir à un autre modèle de gestion de crise, a souligné la rapporteuse socialiste.

La commission bruxelloise a en partie intégré quelques éléments de réflexion liés à la gestion de la deuxième vague de la pandémie, mais elle n’attendra toutefois pas l’issue de celle-ci pour clôturer ses travaux.

Unité de commandement, coordination (e.a entre autorités fédérales, régionales et communales compétentes), cohérence dans les décisions et la communication à tous les étages de la chaîne de décisions, planification de la distribution, gestion de stocks stratégiques sont les mots-clés qui reviennent le plus souvent dans un premier volet consacré à la sécurité, à la coordination et aux pouvoirs locaux.

Le deuxième consacré au social et à la santé est le plus vaste (105 recommandations).

On y appelle à une meilleure structure de coopération entre Iriscare la Commission Communautaire Commune, et les autres services publics compétents en matière de social et de santé à Bruxelles.

Les commissaires plaident en faveur d’un plan pandémie d’équipements de protection.

Ils demandent de mettre en place, au sein d’un Iriscare renforcé, un stock stratégique d’équipements de protection individuelle pour les institutions de soins et d’hébergement dépendant de la Commission Communautaire Commune à Bruxelles.

En matière de dépistage, ils insistent sur la nécessité de garantir l’articulation avec les médecins généralistes, en collaboration avec les centres de tests et les hôpitaux, et de simplifier les procédures administratives liées aux tests.

Les médecins généralistes devraient également être plus impliqués dans l’élaboration des plans de gestion des crises.

En ce qui concerne les hôpitaux, les demandes s’adressent surtout au fédéral compétent en la matière (stock stratégique, fonction d’infectiologue référent pour chaque hôpital, refinancement y compris des salaires, révision à la hausse des normes d’encadrement…).

Un nombre significatif de recommandations concerne les Maisons de Repos et l’approche du vieillissement : s’appuyer plus sur les modèles alternatifs à l’hébergement en MR/MRS ; tirer les leçons des bonnes pratiques dans les établissements peu touchés par la pandémie ; renforcer la formation (continue) du personnel ; former l’ensemble des cadres à la gestion de crise ; renforcer les conventions entre MR/MRS et les hôpitaux et mettre en place dans chaque établissement de ce type un protocole de confinement adapté pour maintenir le bien-être du résident.

Les commissaires demandent une révision des conditions d’agrément notamment en repensant les quotas de soignants, en désignant un référent hygiéniste pour chaque établissement, en incluant un renforcement de la formation continue en matière d’hygiène et de lutte contre les maladies infectieuses ; et en prévoyant la présence d’un médecin coordinateur dans tous les établissements qui n’en ont pas actuellement. Autre demande : un plan de revalorisation notamment barémique du personnel soignant.

Sur le plan social, plusieurs points d’attention concernent les CPAS, le maintien de l’aide alimentaire, un moratoire sur les expulsions domiciliaires, mais aussi les personnes en situation de handicap et les sans-abri.

Sans être exhaustif, les recommandations du volet économie et emploi concernent principalement la concertation et l’encadrement des mesures de soutien ; la modulation des primes en adéquation avec la situation des entreprises, la coordination des mesures régionales et locales, l’élargissement encadré du « take away », et du numérique, la poursuite de la réflexion sur les prêts citoyens, la prolongation des délais de délivrance des permis ; et l’attention portée aux commerces de proximité, à l’Horeca et aux instruments de soutien.

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