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Le Cervin en ligne de mire

Les skis sur l’épaule, on remonte d’un bon pas le tunnel qui transperce la pointe de la montagne. Soudain, le souffle se fait court. L’organisme rappelle que nous sommes à 3.820 m d’altitude. Arrivé la veille, il n’est pas encore habitué. À la sortie, c’est l’enchantement. La vue porte loin et on a l’impression de dominer les Alpes. Les 4.000 pointent un peu partout. : 38 visibles depuis l’ensemble du domaine, avec le plus spectaculaire : le Matterhorn, le Cervin en français. Nous sommes ici dans la partie germanophone du Valais, juste à la frontière avec l’Italie que l’on peut rejoindre en ski puisque Zermatt et Cervinia sont connectés grâce aux remontées mécaniques.

Derrière nous, se trouve le Petit Cervin (3.883 m) et devant nous la piste la plus longue d’Europe (25 km) qui permet de rejoindre Zermatt (1.620 m). Le domaine skiable -360 km, principalement des rouges plutôt larges et damées au cordeau ce qui les rend accessibles à la plupart des skieurs – forme un large demi-arc cercle. Le Cervin est souvent en ligne de mire. Une piste passe même à son pied, donnant l’impression de pouvoir toucher sa face triangulaire qui a inspiré le Toblerone. Juste une impression. Le géant culmine à 4.478 m. Un bon plan pour apprécier l’endroit sans la cohue, c’est la First Track Skiing qui démarre aux premiers rayons de soleil. Le parcours, encadré par des moniteurs, s’achève à 9h30 du matin dans un restaurant d’altitude pour un copieux petit-déjeuner. Mieux vaut réserver bien à l’avance.

Un hôtel à 3.089 m

Lassé par les télécabines et autres télésièges ? Le train grimpe au sommet du Gornergrat (3.089 m) coiffé par un bâtiment qui est à la fois un observatoire astronomique et un hôtel, le Kulm. Un glacier, le Gorner, passe à son pied tandis que le Cervin se dévoile en face dans toute sa splendeur. De là, on peut gagner le Stockhorn (3.552 m) et le Rothorn (3.103 m), qui ferme l’arc de cercle du domaine. Pendant la saison 2019-2020, près de 40.000 personnes ont été interrogées dans 55 stations d’Europe. L’étude de Best Ski Resort Report, pointait 20 critères de satisfaction. Zermatt s’est classée la première, comme en 2014 et 2016.

Mais redescendons un peu pour découvrir le village. Niché tout au fond de la vallée, il n’est accessible qu’en train. Les automobilistes doivent laisser leur voiture à 5 km. Les bus et les taxis sont électriques. Des grands hôtels disposent de calèches tirées par des chevaux.

Les amateurs ont l’embarras du choix avec près de 20 restaurants gastronomiques listés par le Gault&Millau. L’endroit regorge de boutiques de luxe. La vie nocturne est très active avec des bars branchés. Mais on peut aussi dénicher des adresses plus accessibles financièrement, même si les prix restent suisses. En quittant la rue principale, on tombe sur des chemins bordés de chalets et greniers en bois qui ont gardé leur charme.

La corde tragique

Blotti au fond d’une vallée.
Blotti au fond d’une vallée.

Le Cervin est le dernier grand sommet des Alpes à avoir été conquis. C’était le 14 juillet 1865, au terme d’une longue série de tentatives infructueuses. L’équipe britannique l’a emporté de justesse sur sa rivale italienne. Mais la descente a viré à la tragédie. Quatre alpinistes ont perdu la vie à cause d’une corde rompue. Celle-ci est exposée au Zermatlantis, un petit musée sous-terrain bien sympas. L’entrée est une verrière en forme de montagne. Le mode de vie des habitants de Zermatt au XIXe siècles a été reconstitué à travers des maisons d’origine remeublées. Un atelier de cordonnerie est aussi reconstitué. Il est dédié à la fabrique de chaussures de montagne.

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