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Scénarios futurs, variant britannique, troisième vague: voici tout ce qu’il faut retenir sur la conférence de presse «surprise» d’Alexander De Croo!

Scénarios futurs, variant britannique, troisième vague: voici tout ce qu’il faut retenir sur la conférence de presse «surprise» d’Alexander De Croo!
Belga

À l’approche du nouveau Comité de concertation de vendredi, le Premier ministre Alexander De Croo a donné une conférence de presse spéciale ce lundi. L’objectif était d’apporter de la transparence avant le prochain CODECO.

« Je pense que c’est le bon moment d’apporter un peu de sérénité. Le but est de montrer une analyse scientifique honnête et de montrer l’impact des différents scénarios en cas d’éventuelles nouvelles mesures », a commencé Alexander De Croo, avant de donner la parole aux virologues Steven Van Gucht et Yves Van Laethem. Ces derniers ont, comme lors des conférences de presse du Centre de crise, fait un point sur la situation épidémiologique du pays et sur la vaccination. « On a réussi à garder une situation sous contrôle contrairement à d’autres pays », ont-ils notamment pointé, ajoutant que l’on est « encore très loin d’une immunité collective ».

Steven Van Gucht et Yves Van Laethem ont aussi démontré l’impact du lockdown sur la mobilité en Belgique et comparé la courbe belge aux autres pays européens qui vivent parfois une « troisième vague », avant de donner une petite conclusion sur le mois de février 2021.

« Ces mesures, il y a moyen de les estimer. Par rapport à d’autres pays, nous sommes dans un contexte où nos limitations sont estimées à 60 alors que d’autres sont à plus de 80. Même si le ressenti est important en Belgique après de nombreux mois, il est encore plus important chez certains voisins », a déclaré Yves Van Laethem concernant les mesures mises en place en Belgique. « Si les choses dérapent, on risque d’avoir des mesures plus sévères et donc qui pèsent beaucoup plus ».

En conclusion, la Belgique a pu créer un équilibre entre les mesures et le virus, cependant celui-ci est « fragile » : « Le futur n’est pas un futur lointain. Il est à quelques semaines devant nous avec l’apparition du printemps. On va arriver avec une accélération nette de la vaccination. D’autre part, on a l’évolution des variants. On sait qu’ils sont plus transmissibles et l’impact qu’ils vont avoir va être extrêmement important pour la suite des mesures ».

Différents scénarios

Alexander De Croo a ensuite donné la parole aux modélisateurs qui ont montré l’impact de futurs assouplissements en Belgique.

« Un modèle de référence développé par l’université d’Hasselt et d’Anvers a été utilisé pour estimer deux choses : l’impact du variant britannique et l’influence de la vaccination. Ce fameux variant, il est difficile de savoir s’il est plus transmissible par rapport aux autres souches. Une estimation actuelle donne un taux de 50 % de plus. Il existe cependant une grosse marge d’erreur que nous devons prendre en compte. Actuellement, les modèles montrent que ce variant va devenir dominant en Belgique d’ici la deuxième semaine du mois de mars (…) Ces scénarios sont des estimations de ce qui pourrait se produire selon certaines mesures », a commencé le mathématicien Nicolas Franco.

Voici la signification des trois couleurs utilisées sur les graphiques : la couleur bleue représente 50 % de transmission supplémentaire. La courbe rouge représente un variant qui serait 70 % plus contagieux. La courbe jaune est l’estimation la plus favorable avec 30 % de contagion en plus.

Le scénario A est « un scénario où on imagine ce qu’il se passe si le comportement mesuré autour du 10 février se poursuit dans les prochains mois. On voit qu’il pourrait y avoir une petite troisième vague venant de l’augmentation du variant. Si les différences sont importantes après un certain temps, les courbes se rapprochent actuellement ».

Le scénario B est « basé sur l’hypothèse de mesures simultanées dans différents secteurs pour retomber à la situation du 1er septembre à la date du 1er mars. Le scénario le plus probable montre une augmentation assez forte ainsi qu’une hospitalisation comparable à la première ou deuxième vague. Le scénario rouge dépasse clairement ces probabilités ».

Le scénario C est « une hypothèse de redémarrer comme en septembre mais au 1er avril. Les courbes sont plus gentilles, la bleue est pratiquement sous contrôle car la vaccination est plus avancée et permet donc de contrer le variant et la reprise des activités. Seul le scénario rouge montre le signe d’une troisième vague, inférieure à la deuxième vague ».

Le scénario D est « un décalage au 1er mai. On voit que même dans le pire des scénarios, nous serons dans des situations qui seront sous contrôle, même dans le pire des cas ».

Si ce ne sont que des modèles qui se basent sur une grande série d’hypothèses, il y a plusieurs éléments incertains qui pourraient influencer les choses en bien ou en mal : la plus grande proportion d’hospitalisations ou de décès liés au variant britannique et l’impact de la saison.

Pour conclure, deux messages importants viennent de la modélisation : d’un point de vue épidémiologique, nous entrons dans un mois important, très incertain, et qui comporte de grands risques. À la sortie de ce mois, les modèles ont des perspectives nettement plus positives grâce à la vaccination. Le second message est qu’il faudra surveiller l’évolution du variant pour voir son effet, son réel impact et vers quel scénario on se dirige.

Troisième vague

Le Premier ministre a conclu cette conférence de presse en évoquant la troisième vague du coronavirus. « Restez prudents pour éviter une troisième vague. Tout le monde confirme qu’il faut faire ce qui est nécessaire pour éviter de se retrouver dans une troisième vague. Jusque maintenant on a réussi en Belgique à éviter une troisième vague, donc il faut garder les précautions pour ne pas se trouver dans cette situation-là ».

Alexander De Croo ajoute, avant la séance de questions/réponses avec les journalistes : « C’est clair que si on regarde cette présentation, on se rapproche du point où le risque qu’on puisse encore se retrouver dans une troisième vague diminue fortement. Est-ce que ce moment, c’est demain ou la semaine prochaine, non. C’est un peu plus tard, mais ce n’est plus très loin non plus ».

Il précise enfin que cette conférence de presse n’annonce en rien les prochaines décisions qui seront prises vendredi par le Comité de concertation.

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