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Coronavirus: la brasserie Dubuisson dénonce la différence des aides entre les Régions

Le patron Hugues Dubuisson et son fils.
Le patron Hugues Dubuisson et son fils. - Bernard Libert

« Selon que vous serez puissants ou misérable », écrit Jean de la Fontaine dans sa fable « les Animaux malades de la peste ».

« Selon que vous habitez au Sud ou au Nord du pays », est-on tenté d’écrire pour la Belgique malade du Covid-19. La brasserie Dubuisson a comparé les aides en Flandre et en Wallonie pour son secteur. Et son constat est sans appel : dans le contexte actuel, il vaut mieux produire et vendre sa bière au Nord, où les aides régionales sont trois fois et demi plus conséquentes. « Là où le sud du pays a décidé d’une prime fixe en fonction du nombre de salariés employés par une entreprise, le côté nord du pays propose une mesure adaptée et bien plus conséquente », remarque la brasserie. « Le calcul du montant de l’aide se base sur le chiffre d’affaires de l’établissement. Ainsi un restaurateur flamand touchera 10 % du chiffre d’affaires perdu sur la même période un an plus tôt. »

« Une cacophonie à la Belge »

Autre différence constatée : la Flandre octroie une aide à l’ensemble du secteur, du cafetier au producteur en passant par le distributeur. La Wallonie a bien annoncé une prime pour les fournisseurs de l’Horeca, mais après 7 mois de pandémie, distributeurs et producteurs n’ont toujours rien vu venir, déplore la brasserie leuzoise. Toujours à titre de comparaison, l’entreprise de distribution avec laquelle Dubuisson travaille sur la Flandre a reçu, elle, 80.000 euros. « Une cacophonie à la Belge », déplore l’entrepreneur.

Le brasseur pipaisien fait état de ses propres pertes : un recul pendant les mois de confinement de près de 40 % des volumes qu’elle a écoulé en 2020 en comparaison avec la même période de l’année, perte de 60 % de son chiffre d’affaires pour sa société de distribution de boissons, etc.

« Pas même de quoi payer un loyer »

Les quatre établissements Horeca, dont il s’occupe (les Troll & Bush, le Brasse-Temps), ont certes reçu des aides mais qui ne couvrent « que 0,38 % du chiffre d’affaires total des établissements (calculés sur l’année 2019) ».

« En 7 mois d’inactivités, c’est tout un secteur qui a eu le temps de se noyer », conclut, dépité, Dubuisson. « Et ce n’est, semble-t-il, pas le comité de concertation de ce vendredi 26 février qui apportera des solutions aux entreprises ayant une activité économique liée à l’Horeca ».

La plus ancienne brasserie du royaume « tire la sonnette d’alarme » auprès de la Wallonie.

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