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Nés hommes, ces jumelles changent de sexe… à un jour d’intervalle: «Je n’ai jamais été satisfaite de mes parties génitales» (photos)

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Nés hommes, ces jumelles changent de sexe… à un jour d’intervalle: «Je n’ai jamais été satisfaite de mes parties génitales» (photos)
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« Nous ne nous sommes jamais identifiées » à des hommes, déclarent les jumelles brésiliennes Mayla et Sofia, 19 ans, qui ont subi une opération de réassignation sexuelle à un jour d’intervalle.

Cette opération quasi simultanée de jumelles trans est « unique au monde », assure le chirurgien José Carlos Martins. Les deux opérations, qui ont eu lieu dans une clinique privée de Blumenau (sud), ont duré environ cinq heures chacune. Une semaine plus tard, elles sont tout sourire, font des blagues, mais laissent parfois échapper quelques larmes quand elles se souviennent des difficultés de leur enfance dans un corps qui ne leur correspondait pas.

« Je me suis rendu compte que j’ai toujours aimé mon corps, mais je n’ai jamais été satisfaite de mes parties génitales. Je passais mon temps à demander à Dieu de me transformer en petite fille », révèle Mayla. Au terme de cette chirurgie, elle a pleuré en se voyant pour la première fois.

« Nos parents n’avaient pas peur de ce que nous étions, mais ils craignaient que la société nous maltraite », déclare Mayla.

Mayla Rezende et Sofia Albuquerck sont nées à Tapira, localité rurale de 4 000 habitants de l’Etat de Minas Gerais (sud-est). L’une porte le nom de leur père, l’autre d’un grand-père paternel prêt à tout pour les aider. Il a vendu une ferme pour obtenir les 100 000 réais (environ 15 000 euros) nécessaires aux deux opérations. « Quand elles ont assumé (leur identité sexuelle), c’était un vrai soulagement pour moi. Pour moi, ce n’a jamais été ’eux’, mais ’elles’ », raconte leur mère, Mara Lucia da Silva, 43 ans.

Les jumelles ont d’abord pensé se faire opérer en Thaïlande, mais ont ensuite découvert l’existence d’une nouvelle clinique à Blumenau. Cette clinique, nommée Transgender Center Brasil, a été fondée en 2015, et avait initialement pour vocation d’opérer presque exclusivement des clients étrangers. « La plupart de nos patients viennent encore d’Europe et des Etats-Unis, mais environ 30 % sont d’ici », explique le docteur Martins.

Les opérations de réassignation sexuelle sont autorisées à partir de 18 ans. Elles peuvent être réalisées gratuitement à travers le système de santé publique, grâce à une loi de 2011. Mais seuls cinq hôpitaux proposent ce genre de chirurgie et la file d’attente est très longue.

Malgré sa législation et l’existence de ce type de clinique, le Brésil est loin d’être un pays tolérant envers les transgenres. C’est au contraire le pays où l’on recense le plus de meurtres de personnes trans, 175 en 2020, soit un tous les deux jours, avec une augmentation de 41 % par rapport à l’année précédente, selon l’Association Nationale des Travestis et Transsexuels (Antra).

« Je suis fière d’être une femme trans, même si j’ai souvent eu peur à cause de la façon dont nous sommes vues par la société. Tout ce qu’on demande, c’est du respect », conclut Mayla.