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Etudiants : donnez des ailes à votre projet d’entreprise

De plus en plus de jeunes souhaitent créer leur propre entreprise et avoir davantage d’autonomie.
De plus en plus de jeunes souhaitent créer leur propre entreprise et avoir davantage d’autonomie. - 123rf

L’entrepreneuriat des jeunes est une réalité. Ils sont de plus en plus nombreux à avoir envie d’autre chose sur le plan professionnel. Bien souvent, ils souhaitent une relation différente à l’autorité, revoir l’organisation de travail, travailler en projets ou encore avoir un impact sur la société et davantage d’autonomie.

Pour aider ces jeunes, futurs entrepreneurs, différentes initiatives existent. C’est le cas de Générations Entreprenantes, un dispositif du Groupe Sowalfin. « Notre objectif, c’est de développer des compétences entrepreneuriales (soft skills) avec un axe important sur l’estime de soi. Impacter aussi la culture entrepreneuriale tout en développant l’esprit d’entreprendre (pas uniquement l’esprit d’entreprise) », explique Jean-Pierre Di Bartolomeo, Président du Comité de Direction du Groupe Sowalfin. « Ce dispositif de sensibilisation à l’esprit d’entreprendre n’ambitionne pas que tous ces jeunes deviennent, un jour, chef d’entreprise mais nous les aidons à développer leurs compétences entrepreneuriales et l’estime de soi, des éléments qui les aideront à s’épanouir professionnellement », ajoute-t-il.

Jean-Pierre Di Bartolomeo
Jean-Pierre Di Bartolomeo

Notons que, chaque année, quelque 30.000 jeunes et 800 enseignants sont touchés par les actions de Générations Entreprenantes.

Incubateurs d’étudiants

A côté de cela, il existe aussi des incubateurs pour étudiants-entrepreneurs qui sont souvent liés à une université. Avec leur entourage d’experts, ils sont là pour donner des ailes aux projets d'étudiants ou de fraîchement diplômés (depuis un an maximum). En Wallonie, on en dénombre 5 : VentureLab à Liège, Yncubator à Louvain-la-Neuve, Yump à Mons , Linkube à Namur et StudentLab à Charleroi.

« Nous leur proposons un accompagnement qui peut aller jusqu’à 2 ou 3 ans », explique Jean-François Desguin, co-coordinateur et coach du StudentLab. « Pour les attirer, nous allons dans les écoles et nous leur présentons des exemples de jeunes qui se sont lancés. J’ai moi-même été étudiant-entrepreneur. Je me suis lancé comme indépendant à 18 ans jusqu’à mes 28 ans puis j’ai rejoint l’incubateur. L’idée, c’est vraiment de les inspirer et de mettre en avant nos jeunes incubés pour montrer que c’est possible ».

Pour rejoindre un incubateur, il faut soumettre un dossier qui passe devant un jury. « Il faut venir présenter son projet : il n’y a pas besoin qu’il soit abouti. Juste une idée, ça suffit. On a mis en place une méthodologie propre avec toute une série d’étapes à franchir : structurer son projet, faire un business model, tester l’idée pour valider le business model… », ajoute-t-il. Pour prendre l’exemple du StudentLab, il occupe 3 personnes qui sont dans un réseau plus large appelé Charleroi Entreprendre qui emploie une vingtaine de collaborateurs, tous experts dans différents domaines. Il y a également un programme de formations en cours du soir sur toute une série de matières nécessaires au futur entrepreneur. Le plus ? Il est calqué sur l’année scolaire, de sorte que quand les étudiants sont en examen, ils n’ont pas de formation.

« Quand je vois le parcours, c’est incroyable. De 12 projets il y a 4 ans, nous sommes à environ 60 pour 70 jeunes actuellement. L’année passée, nous avons eu presque 20 créations d’entreprises. Les étudiants peuvent entrer dans l’incubateur à 3 moments dans l’année : octobre, février et avril. Il faut être étudiant ou diplômé depuis moins de 12 mois pour pouvoir entrer. Les inscriptions se font via notre site web », conclut Jean-François Desguin.

Pour rappel, l’accompagnement d’incubateur peut prendre plusieurs formes : un coaching individuel par des entrepreneurs confirmés, des workshops sur des thématiques entrepreneuriales, une formation ou une mise à niveau en gestion mais aussi un espace de coworking pour travailler, échanger et réseauter ainsi que des événements comme le sommet de l’étudiant-entrepreneur. Les secteurs d’activités les plus prisés par les étudiants-entrepreneurs sont le digital-media, le commerce (circuits courts) , le sport et le bien-être mais aussi l’agro-alimentaire, la mode et le design, l’ingénierie et les services.

A noter : plus d’infos sur www.1890.be ou en appelant le 1890.

Toujours étudiante, Diana a ouvert le premier magasin de cosmétiques en vrac de Charleroi

Toujours étudiante, Diana a pourtant ouvert son magasin et lancé son site web
Toujours étudiante, Diana a pourtant ouvert son magasin et lancé son site web

Cette année, Diana Avagian achèvera son bachelier en marketing à l’IETCPS de Charleroi. En octobre 2018, elle est entrée au StudentLab de Charleroi avec l’idée de créer son entreprise. Ce qu’elle fit… deux mois plus tard. « Au départ, j’avais le projet de vendre des produits et des matières premières permettant aux gens de faire leurs propres soins et cosmétiques tout en proposant des soins personnalisés mais il fallait un gros budget pour cela. J’ai donc dû adapter mon projet : j’allais vendre des soins déjà faits et testés », explique la jeune femme qui a donc ouvert le premier magasin de cosmétiques en vrac de la région de Charleroi. Elle y vend notamment des huiles végétales non travaillées, des huiles essentielles et des produits de beauté naturels. Prochaine étape ? Ouvrir, dans son magasin, une herboristerie, un secteur qu’elle est toujours en train d’étudier.

Pour elle, le passage par le StudentLab a été sans conteste bénéfique. « C’est par des amis que je suis arrivée au StudentLab où ils m’ont aidée à retravailler mon projet. Ils m’ont notamment conseillée de m’orienter vers le marketing au niveau des études ».

Pour l’heure, la jeune femme (qui avait 22 ans au démarrage du projet) est donc toujours étudiante. « Je combine les études et le magasin qui est ouvert 2 jours par semaine. J’ai aussi mis en place un système de « Collect & Go ». J’ai lancé mon site web en octobre 2019. C’est vrai qu’avec le Covid, le démarrage a été calme puis j’ai eu un coup de pub sur Instagram avec une cliente qui était ravie de ses achats et qui en a parlé puis d’autres l’ont fait également. Pendant le deuxième confinement, j’ai eu la chance de pouvoir ouvrir un pop-up dans une galerie commerçante de Charleroi. Et, au final, j’ai pas mal rebond via le web », conclut celle qui a donc plutôt bien traversé la récente crise et qui s’apprête, d’ici quelques mois, à donner un nouvel élan à son activité.