Star des orthodontistes, ortho des stars: les patients affluent du monde entier chez Junior Dumu

Star des orthodontistes, ortho des stars: les patients affluent du monde entier chez Junior Dumu
D.R.

On se croirait presque dans un cabinet médical de Beverly Hills, même s’il n’aime pas trop la comparaison, Junior Dumu. L’équipe (très cosmopolite) est accueillante, jeune, dynamique et évidemment, compétente. Sinon, comment expliquer que ce cabinet ultra moderne et où règne un parfum délicieux Pebs, à Forest (qui déménagera bientôt à quelques blocs, dans un espace bien plus grand), soit prisé par des patients vivant à Dubaï ou en Côte d’Ivoire ? Puis, il y a Junior Dumu, le « boss », le fondateur du lieu, un sacré personnage, un « self-made man » plein d’humour qui a fait de sa couleur de peau une force, jusqu’à ce que le monde de l’orthodontie nous l’envie. Régulièrement, il est appelé, dans différentes conférences mondiales, à inspirer ses confrères. Il est à la pointe dans son domaine. Récemment, l’animatrice Audrey (NRJ) et l’influenceuse Jill, entre autres, sont passées entre les mains de l’orthodontiste devenu star et selon, lequel, aujourd’hui « porter un appareil, c’est tendance ».

Docteur Dumu, vous avez 40 ans, vous avez ouvert ce cabinet en 2013, mais comment est venue, d’abord, l’envie d’être reconnu comme orthodontiste ?

Je suis arrivé du Congo en Belgique, à Anderlecht, quand j’avais 2 ans. Mes parents sont universitaires, on avait une belle vie au Congo, mais pas en Belgique. Ici je sais ce que c’est d’avoir froid, un frigo vide, des huissiers à la maison, et d’être différent. Depuis mes 15 ans, je bossais mais le jour où mon boss, dans un restaurant à Durbuy me criait que j’étais un moins que rien, j’ai dit à ma mère que plus personne ne me donnerait des ordres. Elle m’a répondu : « va étudier ! ». Là, ça a fait clic. Mais je n’étais pas le plus intelligent de ma classe, j’ai copié tout ce que faisait la 1ère de ma classe. J’ai rencontré une fille, sa mère était dentiste et j’ai vu son cabinet, je me suis dit : « Waw. Elle est son propre boss, elle gagne de l’argent et aide des gens. C’est ça que je vais faire ! » Cette vie c’était le rêve pour moi, je voulais réussir ma vie ! Je me suis inscrit à l’ULB en dentisterie, caché parce que mes parents pensaient que je faisais de l’informatique. Plein de gens ont dit que j’allais rater. J’ai écrit leur nom sur un papier, accroché sur un mur et c’est ça qui m’a donné le fuel pour réussir.

Ensuite, vous faites votre spécialisation…

Et pour la première fois de ma vie, quand j’ai eu mon diplôme, on m’a proposé de travailler, je n’ai pas dû chercher. Je travaillais à Erasme, dans un cabinet à Anderlecht, à Schaerbeek, à Uccle. Je connais toutes les communautés de Belgique. Je n’avais pas d’argent pour acheter du matériel, les vendeurs m’en ont prêté et je me trimballais avec une mallette. J’ai rencontré ma première assistante actuelle, Muge, qui était ma patiente au début. Avec elle, on a ouvert ici à Forest, on voyait deux patients par jour. Je lui ai dit : « un jour on en rira ! » En 2016, j’ai décidé d’arrêter dans tous les autres cabinets et de me consacrer au mien : c’est la meilleure décision que j’ai prise. J’ai dû recruter une secrétaire, Thérèse, puis d’autres docteurs, assistantes, une autre secrétaire… De 2 patients au début, on est passé à 70 patients par jour aujourd’hui ! L’agenda est tout le temps plein mais on continue d’accueillir de nouveaux patients, on ne veut pas leur donner des rendez-vous dans seulement trois mois.

Autour de vous, on continue de dire que ça ne marchera pas ?

Oui, on me dit qu’un cabinet ici à Forest ce n’est pas visible, que je suis noir… Mais il y a deux façons de faire avec ce « t’es noir ». Soit on fait la victime, soit on en fait force. Moi j’en joue, je rigole de ça. Et ça ne vient pas que des blancs. Un jour, j’ai reçu une patiente noire et elle m’a regardé en me disant : « mais vous êtes qui ? ». Depuis 2016, le chiffre d’affaires n’a fait qu’augmenter. J’ai pris la décision de ne faire ici que de l’orthodontie esthétique. On est connu pour ne mettre que des appareils blancs ou transparents. Pas des plaquettes en céramique.

Mais ça coûte plus cher un appareil transparent ou blanc…

Oui. Mais on a fait en sorte que ce soit le même prix, entre 3000 et 5500 euros. On fait un forfait pour les consultations, l’appareil, et si le traitement dure plus longtemps, c’est le même prix et c’est pour notre pomme.

Il y a de plus en plus d’adultes qui portent des appareils (transparents), non ?

Oui. Avant, 7 patients sur 10 étaient des enfants. Désormais, les adultes pètent le score. C’est l’air du temps, tout le monde veut avoir de belles dents. Quand j’étais jeune, on était dégoûté de la vie si on devait porter un appareil. Aujourd’hui, c’est tendance de porter un appareil ! Mais moi, mon job, ce n’est pas qu’aligner des dents, c’est améliorer la vie des gens. Je me suis donc formé, avec mon équipe, en communication, pour parler aux gens dans leur canal, avec psychologie.

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