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Faux profils, contacts avec l’employeur,...: la recherche de son amour virtuel conduit David devant le tribunal de Tournai

Faux profils, contacts avec l’employeur,...: la recherche de son amour virtuel conduit David devant le tribunal de Tournai

En matière de harcèlement, nous avons déjà entendu de tout dans les prétoires mais là, David (prénom d’emprunt) a fait très fort. Le Tournaisien a harcelé une femme qu’il n’a jamais vue, durant des mois, car elle refusait de lui parler sur les réseaux sociaux. Il a mis en place toutes sortes d’artifices pour la retrouver. Les réponses apportées devant le tribunal dépassent l’entendement.

David avait fait connaissance de Sonia (prénom d’emprunt) sur un réseau social. Il lui a envoyé une invitation d’amitié et elle a accepté. C’était en avril 2018. Ils ont échangé des messages, il lui a fait des confidences sur sa vie. Sonia a vite compris que David n’allait pas bien.

Deux mois plus tard, Sonia entre à l’hôpital pour une intervention chirurgicale prévue de longue date. Convalescente, elle se repose et n’a plus l’envie d’aller surfer sur internet. Quand elle décide de revenir, elle constate que David lui a laissé des messages. « Face à ce comportement inquiétant, harcelant, elle décide de couper les ponts et lui demande de ne plus la contacter », explique l’avocate de Sonia.

Une dizaine de faux profils

Celle-ci n’a pas voulu se déplacer à l’audience. Elle n’a jamais croisé David et elle ne souhaite pas le voir. Mais lui essaye de la retrouver par n’importe quel moyen. Il crée une dizaine de faux profils mais elle le bloque à chaque fois. Alors, il crée un profil ressemblant à celui de Sonia, le but étant d’attirer ses amis et de leur poser ses questions.

Malheureusement, l’un d’eux lui donne le nom de l’entreprise qui l’emploie. Il contacte l’entreprise déclarant que Sonia est folle. Celle-ci est amenée à s’expliquer devant sa direction.

David publie des annonces sur internet, promettant une récompense à celui qui lui livrera le nom et l’adresse de Sonia. Il va de plus en plus loin, racontant que Sonia a des problèmes psychologiques depuis un viol. Et puis, il menace de la crever, « je n’en ai pas fini avec toi », écrit-il à plusieurs reprises.

Les interrogations du juge

Face au tribunal, David semble être complètement à l’ouest. Il raconte qu’il a même contacté l’hôpital pour avoir des nouvelles de Sonia, « elle m’a fait des promesses, elle m’a menti, comment peut-on mentir comme ça ? » demande-t-il à son juge qui se demande comment on peut harceler comme ça une inconnue croisée sur un site internet et surtout comment on peut entamer une relation sur des bases virtuelles.

David explique qu’il est un homme sensible, qui souffre d’avoir été virtuellement éconduit, qu’il ne mange plus, qu’il ne dort plus, qu’il ne croit plus en rien. « J’aurais préféré me prendre une gifle que d’attendre ses nouvelles », dit-il. David avoue avoir créé des groupes sur internet dans un seul et unique but, retrouver Sonia.

David encourt une peine d’un an de prison. Il ne demande pas son acquittement car il est prêt à payer le dommage réclamé par la victime mais pas à hauteur de 5.000 euros. « Je vais lui donner 1.000 euros de bon cœur ou je vais lui payer un mois de vacances si elle veut », a-t-il déclaré devant son juge qui se demande s’il a toutes les frites dans le même paquet. « Je suis lucide, une thérapie ne servira à rien », conclut-il.

Jugement le 30 mars.

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