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Le président de la Cour suprême d’Inde offre à un violeur présumé d’épouser sa victime: «Sinon, vous perdez votre emploi et allez en prison»

Le président de la Cour suprême d’Inde offre à un violeur présumé d’épouser sa victime: «Sinon, vous perdez votre emploi et allez en prison»
123rf

Le juge Sharad Arvind Bobde examinait lundi une requête de mise en liberté sous caution d’un technicien du gouvernement accusé d’avoir violé une écolière lorsqu’il a déclaré au suspect : « si vous voulez l’épouser, nous pouvons vous y aider. Sinon, vous perdez votre emploi et allez en prison ».

Cette proposition a aussitôt suscité une levée de boucliers parmi les défenseurs des droits des femmes qui ont rédigé une lettre ouverte appelant à la démission du juge Bobde, signée par plus de 5.200 personnes, a déclaré la défenseure des droits des femmes Vani Subramanian.

« En suggérant que ce violeur épouse la victime, vous, le juge en chef de l’Inde, avez cherché à (la) condamner à une vie de viol en la livrant au bourreau qui l’a conduite à essayer de mettre fin à ses jours », peut-on lire dans la lettre ouverte adressée au juge Bobde.

Le bilan de l’Inde en matière de violence sexuelle fait l’objet d’une attention internationale accrue depuis le viol collectif d’une étudiante, également torturée, dans un bus de Delhi en 2012 et décédée des suites de ses blessures.

Cette affaire avait généré une vague de manifestations dans tout le pays et suscité une vive émotion dans le monde.

La lettre ouverte fait également mention d’une autre audience le même jour pour une affaire de viol conjugal, dans laquelle le juge Bobde demandait si cette qualification était admissible au sein du mariage : « le mari est peut-être un homme brutal, mais pouvez-vous qualifier de viol l’acte de relations sexuelles entre un homme et une femme légalement mariés ? »

« Ce commentaire autorise non seulement toute forme de violence sexuelle, physique et mentale de la part du mari, mais il normalise aussi la torture que les femmes indiennes subissent depuis des années dans le cadre de leur mariage sans aucun recours légal », poursuit la lettre.