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Des assouplissements au Codeco vendredi? Voici l’avis des experts, «peu de raisons de le faire, surtout maintenant que nos voisins resserrent la vis»

Des assouplissements au Codeco vendredi? Voici l’avis des experts, «peu de raisons de le faire, surtout maintenant que nos voisins resserrent la vis»
Belga

« On ne décolle pas en pleine tempête », avait déclaré le Premier ministre De Croo la semaine dernière. Par tempête, comprenons une hausse « soudaine » et « inquiétante » des chiffres, qui a conduit à un Codeco qui a décidé de ne rien décider.

« En termes d’infections, la forte augmentation est un peu passée », déclare Bart Mesuere, statisticien à l’UGent à nos confrères de Het Nieuwsblad. « Dans les jours à venir, nous nous dirigerons très probablement vers un plateau. Mais en termes d’admissions à l’hôpital, il y a encore une forte augmentation. »

Actuellement, il y a eu en moyenne 152 admissions à l’hôpital par jour durant la dernière période de sept jours, soit une augmentation de 20 % par rapport à la période de référence précédente. Entre le 22 et le 28 février, 2.387 nouvelles contaminations ont été dépistées en moyenne par jour, en hausse de 8 % par rapport à la semaine précédente.

On note un certain écart entre les taux d’infection et les admissions à l’hôpital. Selon le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt/KU Leuven) cet écart était probablement lié à la charge de morbidité plus élevée des variants. Chez nous, le variant britannique gagne du terrain. « La semaine dernière, dans plus de la moitié des échantillons étudiés, il s’agissait du variant britannique », explique l’expert. « Maintenant, nous nous attendons à atteindre environ 70 %. Il y a une certaine marge d’erreur à ce sujet, mais la tendance est claire », assure-t-il.

De nouveaux assouplissements à l’ordre du jour ?

« Nous n’avons pas de boule de cristal », affirme Geert Molenberghs. « Mais les modèles montrent que mars sera un mois difficile. Le mois d’avril devrait être meilleur et le mois de mai encore meilleur. Mais il y a trop d’incertitudes et de paramètres pour faire des prédictions précises. Le plus important étant l’approvisionnement en vaccins », indique-t-il.

Le virologue Steven Van Gucht se montre un peu plus optimiste. « Sur le plan purement épidémiologique, nous n’avons pas une grande marge de manœuvre. Si nous regardons les chiffres, ils suivent les prédictions des modèles. Si nous restons sur cette trajectoire, il y aura une tendance à la hausse jusqu’à la mi-avril. Certaines choses seront alors possibles. Reste à voir si nous maintenons cette trajectoire. Parce que le modèle suppose que nous gardons les mesures actuelles et que le variant britannique est 50 % plus contagieux », prévient l’expert. « La situation est instable pour le moment. Si nos politiques veulent assouplir, il faudra faire preuve d’une grande prudence », ajoute-t-il.

Que décideront nos responsables politiques ? Si on s’attend à ce que des perspectives soit offerte aux jeunes, d’éventuels assouplissements devront se faire de manière extrêmement prudente. « La forte augmentation est passée, mais les chiffres actuels ne donnent que peu d’espoir d’assouplir, surtout maintenant que nos voisins resserrent la vis », déplore le virologue Marc Van Ranst.

Une bulle extérieure élargie est-elle envisageable ? « S’il faut absolument procéder à un assouplissement, c’est celui-ci le plus sûr », affirme le virologue. Et les écoles ? « Tant les écoles que la bulle extérieure contribueront au bien-être de la population. Mais nos responsables politiques devront faire un choix », conclut-il.

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