Que vaut le retour à New York du prince Eddie Murphy?

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Le prince Eddie Murphy, de retour en roi à New York. © Amazon Prime Video
Le prince Eddie Murphy, de retour en roi à New York. © Amazon Prime Video

Alors que depuis plus de 25 ans, Eddie Murphy, comique culte des années 80, avait disparu dans les limbes des comédies potaches comme « Le professeur Foldingue », le voilà qui tente son come-back au premier plan avec « Coming 2 America », la suite d’« Un prince à New York » (« Coming to America » en version originale), immense succès en 1988. Un retour déjà limité, chez nous, puisque cette comédie, disponible à partir de ce 5 mars, est réservée aux abonnés d’Amazon Prime.

Etre et avoir été, tel est toujours le dilemme. A bientôt 60 ans, le comédien irrévérencieux au rire tonitruant a perdu des cheveux, mais entend bien montrer qu’il n’a rien perdu de son sens de l’humour. Pour rappel, dans « Un prince à New York », Eddie Murphy campait le prince Akeem, venu du royaume imaginaire de Zamunda, en Afrique, pour trouver une reine dans le Queens. Accompagné de son fidèle serviteur Semmi (Arsenio Hall), il était un merveilleux candide découvrant les mœurs très libérales de la Côte Est, avant de trouver l’élue de son cœur, Lisa (Shari Hadley, qui joue toujours sa femme dans cette suite)

Eddie Murphy et Jermaine Fowler, qui joue son fils. © Amazon Prime Viedo
Eddie Murphy et Jermaine Fowler, qui joue son fils. © Amazon Prime Viedo

De leur mariage heureux sont nées trois magnifiques filles. Mais les vieilles traditions du royaume de Zamunda imposent que ce soit un garçon qui monte sur le trône. Par chance, c’est là que Semmi apprend à Akeem qu’à son corps défendant il a laissé un héritier mâle aux Etats-Unis. Ni une, ni deux, c’est le retour à New York pour retrouver ce prince bâtard. C’est d’autant plus urgent que le belliqueux général Izzi (Wesley Snipes) se verrait bien éjecter ce roi sans descendance pouvant prétendre à la couronne…

Eddie Murphy et Arsenio Hall en 1988 dans «Un prince à New York».
Eddie Murphy et Arsenio Hall en 1988 dans «Un prince à New York». - Eddie Muphy Productions

Côté scénario, la comparaison entre les deux comédies s’arrête là. Le voyage à New York est plutôt du genre express, cette fois. Aussitôt qu’il a mis la main sur son fils, Lavelle (Jermaine Fowler), il le ramène illico presto à Zamunda pour le former à son futur métier et lui faire épouser la fille du général Izzi, une potiche (au sens quasi littéral). L’histoire en fait s’inverse, et on suit comment s’adapte un New Yorkais se rêvant rappeur aux us et coutumes d’un royaume très conservateur. Eddie Murphy passant au second plan dans son propre film.

On retrouve quelques-unes des fameuses transformations d’Eddie Murphy. © Amazon Prime Viedo
On retrouve quelques-unes des fameuses transformations d’Eddie Murphy. © Amazon Prime Viedo

On suit donc une comédie romantique assez traditionnelle (Lavelle tombe bien entendu amoureux d’une autre femme que sa promise, découvre qu’il n’a pas vraiment envie d’être roi, et va bousculer les règles ancestrales du pays). De son côté, Eddie Murphy ponctue l’intrigue de scènes directement destinées aux nostalgiques du premier « Prince à New York ». Avec Arsenio Hall, ils reprennent leur galerie de personnages : le barbier et ses clients, le révérend fou, le chanteur et son groupe Sexy Chocolat. Quelques flash-back sont même directement repris du film original. Cela donne un ensemble assez disparate, qui manque de tonus et de la vraie griffe Murphy.

Kiki Layne face à Eddie Murphy. «Un prince à New York 2» réserve une plus belle place aux femmes. © Amazon Prime Video
Kiki Layne face à Eddie Murphy. «Un prince à New York 2» réserve une plus belle place aux femmes. © Amazon Prime Video

Pour autant, on ne passe pas un mauvais moment. Craig Brewer, qui avait déjà dirigé Eddie Murphy dans le remarqué « Dolomite is my name », livre une réalisation rythmée et sans tache. Chaque personnage est bien campé, il y a de bons gags, comme lorsque le papa d’Akeem (James Earl Jones) veut assister à ses propres funérailles… avant de mourir, parce que c’est chaque fois une belle fête. Il y a de nombreux morceaux musicaux, des caméos, des acteurs qui s’amusent. Les femmes ont aussi une plus belle place, avec notamment Kiki Layne jouant Meeka, la fille aînée du roi bien décidée à changer les choses dans son pays, et à la maison. Pas sûr que tout ça suffise à rendre sa couronne à Eddie Murphy.

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