Journée des droits des femmes: qu’en pensent nos journalistes et animatrices?

Catarina Letor, Caroline Fontenoy, Anne Ruwet, Sara De Paduwa, Sandrine Dans, Ophélie Fontana nous ont donné leur avis sur la place des femmes dans les médias. ©
Catarina Letor, Caroline Fontenoy, Anne Ruwet, Sara De Paduwa, Sandrine Dans, Ophélie Fontana nous ont donné leur avis sur la place des femmes dans les médias. © - RTBF/ RTL-TVI/LN24

C’est un combat qui n’est pas terminé, celui des droits des femmes. Et le covid ne leur a pas facilité la tâche  : entre confinement, télé-travail et classes online, la charge mentale a augmenté pour elles. En ce 8 mars, elles sont nombreuses à se faire entendre.

Ciné-Télé-Revue a voulu s’inscrire dans l’analyse de ce phénomène de société en demandant aux journalistes et animatrices de nos chaînes si elles constataient des améliorations, une évolution dans le monde des médias. Et si elles avaient été confrontées un jour au sexisme. Sans langue de bois, Caroline Fontenoy, Ophélie Fontana, Sandrine Dans, Catarina Letor, Sara De Paduwa et Anne Ruwet nous ont donné leur éclairage.

D’une manière générale, elles saluent la progression dans la parité. « Je pense qu’on est sur la bonne voie. Les chaînes et les radios ont pris conscience et font attention. France Télé a donné la place aux femmes l’après-midi avec Faustine Bollaert, Daphné Bürki, Sophie Davant. A la RTBF, il me semble qu’on est à la parité. Avec Super nanas aussi, je sens un mouvement : on fait plus confiance aux femmes, on laisse plus de place à un regard féminin. C’est une autre sensibilité, elle n’est pas meilleure que celle des hommes, elle est différente », affirme Sara De Paduwa.

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Anne Ruwet tempère un peu cet éclairage. Pour elle, faire sa place en tant que femme dans un service sportif ne va pas encore de soi : « Quand j’étais à l’unif, j’ai dit que je voulais faire mon stage dans un service des sports, on a essayé de m’en dissuader. J’ai dû me battre pour y arriver et saisir les opportunités. Une femme qui débarque dans ce milieu-là devra toujours travailler deux fois plus et prouver deux fois plus. Mais je ne voudrais pas de quotas, ce qui serait dévalorisant, car ça voudrait dire qu’on est prise car on est une femme. On doit choisir la personne pour ses qualités. »

La vision de ces intervenantes a permis de pointer quand même qu’il y avait des progrès à faire. « 40 % des journalistes femmes renoncent à la maternité à cause de leur boulot. C’est stupéfiant. Il n’y a pas de raison que les femmes ne puissent pas concilier leur profession et la maternité », tient à souligner Caroline Fontenoy.

Quant à Sandrine Dans, elle insiste sur le jeunisme qui sévit encore sur nos petits écrans : « Une femme sera plus pénalisée en vieillissant qu’un homme pour faire de l’antenne. Elle devra plus tôt penser à sa reconversion. Mais les choses vont quand même dans le bon sens. Les responsables réalisent qu’avec les années, on a plus d’expérience et que c’est un atout. J’ai la chance de faire partie de cette génération qui a pu évoluer avec le temps. »

Autre point de vigilance : la parité des femmes sur les plateaux télé, pas en tant que titulaires d’un programme, mais en tant que représentantes de la société. « Le juste équilibre hommes-femmes, nous y travaillons aussi quand nous préparons des plateaux d’invités. Sur cet aspect, j’avoue qu’il y a encore du chemin à faire, il faut garder une vigilance quant à la parité », pointe Ophélie Fontana.

Avis totalement partagé par Catarina Letor, titulaire de la matinale sur LN24 : « Le vrai combat est d’aller chercher les femmes en tant qu’expertes, intervenantes, chroniqueuses. Nous n’en avons pas toujours le temps, donc on compose avec ce qu’il y a autour de nous, et ce sont majoritairement des hommes. Pour faire ce travail, il faut que nos supérieurs comprennent qu’on mettra plus de temps. Il faut en effet prendre plusieurs journées, voire des mois pour trouver trois intervenantes féminines, c’est un travail de fond. Et il ne faut pas se cantonner aux refus des femmes. Beaucoup nous disent qu’elles n’ont pas le temps, doivent s’occuper des enfants ou ne se sentent pas assez légitimes. C’est donc aux journalistes d’insister et de rappeler à la femme qu’elle a sa place dans les médias. »

L’intégralité des interventions de ces personnalités à lire dans votre Ciné-Télé-Revue.