Naïma Rodric (Un si grand soleil): «J’aimerais que Lucille se mette en danger»

Naïma Rodric (Un si grand soleil): «J’aimerais que Lucille se mette en danger»

Elle n’est pas installée à Montpellier, là où se tourne depuis près trois ans la série quotidienne à succès de France2, « Un si grand soleil », mais la Namuroise l’envisage sérieusement. « Je suis en train d’y réfléchir. Dans les mois à venir je pense que je vais certainement m’installer là-bas parce que les allers-retours entre la Belgique et la France ma fatiguent depuis trois ans. A un moment donné, je vais devoir prendre une décision et quitter ma petite Belgique d’amour. « Et ce n’est pas une phrase en l’air, Naïma Rodric est très, très attachée à son pays natal. « Depuis toute petite, j’ai habité à Namur. Ensuite, on a déménagé à Floreffe. »

Vous étiez danseuse à la base et vous vous êtes lancée dans la comédie. Ce rôle de Lucille dans « Un si grand soleil » est arrivé vite ?

Ca ne s’est pas fait vite du tout, au contraire. Ca a été assez compliqué pour moi. Quand j’ai arrêté la danse, je me suis retrouvée au chômage. Je savais que je voulais faire du théâtre, devenir comédienne. Et je suis allée au Conservatoire à Jambes… Je n’avais pas d’agent et, un jour, j’ai répondu sur internet à un casting qui se tenait à Paris pour un long-métrage. Mais je ne suis pas prise. Je suis rentrée chez moi, déçue, parce que je faisais quand même des allers-retours en voiture Namur – Paris dans la journée. Cinq mois plus tard, la même directrice de casting m’a renvoyé un mail pour demander à me voir en audition pour la série « Un si grand soleil ». J’étais à la limite de ne pas y croire. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire parce que je voulais vraiment continuer dans le cinéma vu que j’avais commencé par le cinéma belge (« Le ciel flamand »)…

Et intégrer une série quotidienne ne vous intéressait pas ?

J’avais en tête les trucs comme « Plus belle la vie » que je ne regarde déjà pas… Je rêvais cinéma et théâtre. Mais une quotidienne, pour moi, ça avait une mauvaise image. A l’époque, si tu venais d’une quotidienne, pour intégrer ensuite le cinéma, c’était très compliqué. Là, les codes ont changé. Il n’y a pas de honte. Surtout que cette série-ci est un super beau produit, avec des réalisateurs incroyables, ça joue pas mal… Mais je ne savais pas alors dans quoi je m’embarquais. C’est ma maman qui m’a dit : « Fais le casting, on ne sait jamais ! » Et ça s’est passé super bien. A peine arrivée en Belgique, mon téléphone a sonné. J’ai été rappelée pour la suite du casting. Et là j’ai rencontré Aïssam Medhem qui joue Akim (l’amoureux de Lucille), le feeling est super bien passé. Le lendemain, on m’a annoncé que j’étais prise… et je me suis mise à pleurer. J’étais heureuse et à la fois j’avais peur.

A partir de ce moment-là, vous devenez Lucille au quotidien. Vous avez senté une connexion avec votre personnage dès le début ?

En jouant Lucille pour le casting, j’ai juste pris du plaisir en me disant que je n’avais rien à perdre. Ils veulent une emmerdeuse, je vais faire l’emmerdeuse ! (rires) Ca a été tellement naturel dans mon jeu, je pense que c’est ça qui a plu. J’aime bien ne pas surjouer, être la plus vraie possible, même si ce n’est pas moi.

Au tout début, avez-vous reçu des retours du public du genre : « mais c’est quoi cette peste, cette Lucille ? »

Au tout début, quand je croisais des gens en rue j’entendais : « ah c’est la peste ! ». Je me retournais, et comme suis assez naturelle comme fille, je répondais : « mais non, il faut distinguer la fiction et la réalité ! Je suis très gentille ». Au fur et à mesure, les gens ont adoré mon personnage. Parfois je me dis que c’est trop, parce que c’est tellement beau ce que les gens me disent et me renvoient.

« Un si grand soleil » a déjà deux ans et demi. Lucille, elle, a beaucoup évolué depuis le début. Vous êtes heureuse de ne pas jouer tout le temps la même chose ?

C’est différent, oui et non. Dans une série quotidienne, les scènes peuvent se ressembler beaucoup, pour que le téléspectateur qui prend le feuilleton en cours puisse s’en souvenir. En terme d’évolution de personnage, oui, c’est différent pour moi, mais ça a pris longtemps avant de faire évoluer Lucille. Au début, elle était légère au possible, puis, les auteurs ont développé une touche de sensibilité chez elle avant de la mettre dans le drame. Elle a pris de la maturité, elle commence à grandir. Heureusement, parce qu’en tant que Naïma Rodric j’aurais commencé à m’ennuyer.

Lucille a changé de boulot. Elle se lance dans une carrière de journaliste…

Elle est en train de faire ses preuves. Moi, de mon côté, j’espère vraiment qu’ils vont la faire aller dans des choses un peu plus dangereuses. Si c’est pour aller interviewer tout le monde et essayer d’enquêter, c’est bien. Mais il y a de vraies enquêtes qui peuvent se faire avec de l’action. J’aimerais qu’elle se mette en danger, comme dans une espèce de thriller.

Finalement, « Un si grand soleil » vous a ouvert d’autres ?

Oui parce que ça m’a permis de rencontrer des réalisateurs et des réalisatrices avec lesquels j’ai eu la chance de bosser. Quand tu fais tes preuves dans cette série, je pense que des gens te repèrent. J’ai été amenée à faire d’autres projets. Au contraire, cette série-là ne te ferme pas les portes. Pareil pour « Plus belle la vie » aujourd’hui : il y a des comédiens qui ont pu jouer sur Netflix parce qu’ils y acquis une grosse notoriété. Ca n’a plus rien avec ce qui se passait il y a 15 ans.

On vous verra prochainement dans une autre série à la télé…

Oui, « Cassandre » pour France 3. D’ailleurs, j’ai rencontré sur le tournage l’homme de ma vie !

Oui, Alexandre Varga… Vous n’avez pas choisi le plus moche !

(rires) Non j’ai pris le plus beau ! Il n’a pas pris la plus moche non plus ! (rires) Après « Cassandre », il y aura « Crossroads » aussi. Et puis, il y a le film « Music Hole » dans lequel je joue un petit rôle. On était censé faire le festival de Cannes avec ce film…

Vous comptez rester longtemps dans « Un si grand soleil » ?

Longtemps, non. Il n’y a pas que ça dans la vie. En tant que comédienne on a envie d’aller voir ailleurs et prendre des risques. C’est un métier fait d’instabilité. Je ne me plains parce que je fais ce que j’aime mais je ne pense pas rester 10ans dans cette série.

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