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Coronavirus: l’utilité des applications mobiles de traçage «jamais démontrée»

Coronavirus: l’utilité des applications mobiles de traçage «jamais démontrée»
Belga Image

« Peu de gens le savent, mais avant le Covid, on faisait déjà du contact tracing », a-t-il expliqué, prenant l’exemple de la lutte contre la tuberculose.

« Le contact tracing doit être lancé le plus rapidement possible » lorsqu’une pandémie se déclare, a-t-il fait valoir, indiquant que la recherche des clusters aurait dû débuter dès février 2020. « Et pour les personnes en isolement, il faut un soutien solide surtout pour celles dans le besoin, du point de vue financier, social ou encore psychologique. »

« J’ai rédigé une note de vision du traçage dès le 16 mars. J’ai ensuite intégré la task force tracing et notre note de vision a été publiée le 10 avril. On a malheureusement rapidement dévié de cette note. »

Selon M. Arrazole, « si un entretien (téléphonique) dure 13 minutes en moyenne, on peut se poser des questions sur la qualité et l’impact de ces appels. » À ses yeux, un tel entretien pourrait durer de 45 minutes à 2 heures, tout en laissant ensuite 15 minutes à l’opérateur pour encoder les données « afin d’éviter un entretien robotisé. » « L’analyse des données est essentiel et certaines questions doivent absolument trouver des réponses, notamment le type d’activité où la transmission (du virus) s’est produite (maison, travail, transports en commun, etc.). Mais mes conseils n’ont pas été implémentés ».

« Aujourd’hui, même si le tracing fonctionne mieux qu’au départ, on ne devrait plus être dans la gestion de crise. On devrait avoir retrouvé une situation de calme et de réflexion. Mais, selon le système en vigueur en Belgique, il faut toujours passer par un goulot d’étranglement géré par quelques personnes qui ne sont, elles, pas contrôlées », a-t-il déploré sans citer de noms précis. Il a notamment pointé le fait que l’institut de médecine tropicale d’Anvers n’a jamais été consulté.

« En Belgique, il y a une aversion pour les plans nationaux », a-t-il constaté. « Depuis 2008, on demande un plan national sur la tuberculose, il n’existe toujours pas, même quand on se plaint au plus haut niveau, aux Nations unies. Déjà avant le Covid, notre système de santé était trop faible. Avec d’autres scientifiques, nous avions écrit une lettre ouverte en octobre 2019 pour dire au monde politique qu’il fallait investir un milliard d’euros. La réponse à notre appel était de zéro », a-t-il encore dit.

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