EXCLU/ Miguel Ángel Silvestre («Sky Rojo»): «Les garçons devaient être autant à poil que les filles»

EXCLU/ Miguel Ángel Silvestre («Sky Rojo»): «Les garçons devaient être autant à poil que les filles»

Pourquoi « Sky Rojo » est une petite bombe, selon vous ?

Pour l’adrénaline ! C’est une série d’action dopée à l’adrénaline. On y suit ces trois filles, ces trois femmes fortes mais blessées en quête de liberté. On ne peut que tomber amoureux de ces trois super-héroïnes, qui ont certes leurs vices et leurs défauts mais qui restent malgré tout profondément touchantes. Elles sont inspirantes aussi, par leurs décisions et la façon dont elles vont reprendre le contrôle de leur destin. Il y a par ailleurs une énorme différence entre la prostitution et la traite des êtres humains, en l’occurrence ici des femmes, à des fins sexuelles. C’est ce que les créateurs, Alex Pina et Esther Martínez Lobato, montrent dans la série. Un point de vue rarement exploré à l’écran.

Qu’est-ce qui vous a marqué sur le tournage de « Sky Rojo » ?

Nous étions comme une petite famille, toujours dans la bienveillance. Et je me suis mis à nu, moi aussi ! Esther Martínez Lobato voulait que les garçons soient autant à poil que les filles. Elle l’a dit haut et fort, ce qui était une belle et bonne décision. Elle voulait changer les choses, faire bouger les lignes.

Avez-vous reconsidéré la façon dont les hommes regardent les femmes, la façon qu’ils ont de les sexualiser, quel que soit le contexte ?

Cette série fait réfléchir, effectivement. Mes collègues, Verónica Sánchez (Coral), Yanni Prado (Gina) et Lali Espósito (Wendy) sont très belles. Et je ne parle pas de leurs personnages. Elles sont toutes les trois très intelligentes et, de bien des manières, on peut les trouver sexy. Quand vous voyez une jolie fille en petite tenue… forcément, vous la trouvez sexy. Cela ne veut pas dire pour autant qu’elle doit être maltraitée, ou traitée de façon incorrecte. Je pense que c’est d’ailleurs l’un des messages subliminaux de la série, ce que les showrunners essaient d’expliquer.

Préférez-vous jouer une brute comme dans « Sky Rojo », ou un homme doux et sensible comme dans « Sense8 », la série qui vous a propulsé sur la scène internationale, en 2015 ?

Je n’ai pas vraiment de préférence, c’est juste le rôle qui me trouve. Je me laisse porter par ce qui m’est proposé. Clairement, ces personnages sont très différents mais que soit un type d’homme ou un autre, j’essaie toujours de l’interpréter de la meilleure façon possible. Quand j’étais Lido dans ‘Sense8’, je m’amusais beaucoup avec les expressions. C’est quelque chose qu’en tant qu’acteur, j’ai toujours à l’oeil. Elles donnent une énergie différente, montrent une autre facette de nous. Moisés, lui, a cette contradiction intérieure que j’aime beaucoup. Il est un peu perdu entre ce qu’il ressent et ce qu’il a à faire, parce qu’il doit tout à Roméo (le proxénète joué par Asier Etxeandia). C’est quelqu’un d’aimant qui, par la force des choses, devient très violent. Quelque part, c’est stressant pour lui.

« Jouer dans ‘La Casa de papel’ est un rêve devenu réalité »

Et à choisir… « Sky Rojo » ou « La Casa de papel » ?

Les deux séries sont des séries d’action qui racontent des histoires dramatiques, avec des flashbacks, une voix off qui rend la narration dynamique, explosive et amène en même temps de l’émotion. On souffre pour les personnages. Et puis, il y a le côté comédie noire. Vraiment, on est dans le même registre.

Un petit mot sur la prochaine saison de « La Casa de papel » ?

Le tournage était très sympa, je connaissais déjà l’équipe grâce à « Sky Rojo » alors c’était un peu comme revenir à la maison, je me sentais bien. Et travailler avec Úrsula Corberó (Tokyo) a été si facile. Je dirais que n’ai jamais été aussi à l’aise avec une partenaire à l’écran. Il y avait une belle énergie entre nous. Ça coulait de source de jouer avec elle, elle est… épique ! J’ai adoré cette collaboration.

Avez-vous d’abord été choisi pour « Sky Rojo » ou pour « La Casa de papel » ?

En premier est venu « Sky Rojo », mais je dois dire que la veille du nouvel an 2020, le jour du réveillon donc, j’ai fait le vœu – je vous jure que c’est vrai – de décrocher un rôle dans « La Casa de papel ». Je vous promets ! (Rires.) Puis la pandémie est arrivée, on était tous confinés en Espagne et un beau jour, Alex Pina m’a appelé pour me dire qu’il avait un personnage pour moi dans « La Casa » ! Je me souviens, j’étais avec ma mère, on a bien fêté ça ! C’était comme un rêve devenu réalité.

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