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Grève du 29 mars: la FGTB et CSC mobilisées pour réclamer une plus grande marge salariale, voici tous les secteurs touchés

Grève du 29 mars: la FGTB et CSC mobilisées pour réclamer une plus grande marge salariale, voici tous les secteurs touchés

Les syndicats ne veulent pas entendre parler d’une norme salariale plafonnée à 0,4% (en plus de l’indexation automatique des salaires) pour les deux prochaines années, une recommandation du Conseil central de l’Economie considérée comme une «aumône» par les organisations de travailleurs.

Celles-ci attendent des efforts de la part des secteurs qui ont pu sortir gagnants de la crise du coronavirus. Les syndicats constatent que les dividendes filent vers les actionnaires mais que rien n’est prévu pour les employés. Ils demandent aussi de revoir à la hausse le salaire minimum et des accords sur les fins de carrière.

La CGSLB n’a pas appelé à participer à la grève générale, jugeant un tel mouvement prématuré «surtout dans l’état actuel de la crise sanitaire». Elle aussi estime insuffisante la marge salariale de 0,4%, mais privilégie «des actions alternatives de sensibilisation de la population pour convaincre les employeurs et le gouvernement».

Transports publics

Ce sont avant tout les transports publics qui seront perturbés par les actions syndicales lundi. Un préavis de grève a été introduit à la SNCB, à la Stib, au TEC et chez De Lijn. L’impact sur le trafic de ces compagnies n’est pas encore connu mais chacune d’elles a invité les voyageurs à prendre leurs précautions. Des informations seront données en temps réel tout au long de la journée sur divers canaux de communication.

Impact limité à la SNCB

A la SNCB, les perturbations ont débuté dimanche à 22h00. La SNCB a élaboré un service de trains alternatif basé sur le nombre de travailleurs qui ne participent pas à l’action afin de limiter l’impact sur les voyageurs.

Deux trains IC sur trois roulent comme prévu dans ce service garanti (trains circulant entre les grandes villes), de même que deux trains S (offre suburbaine) sur trois et deux trains L sur trois.

Par contre, la plupart des trains P (qui roulent exclusivement pendant les heures de pointe du matin et du soir) ne circuleront pas et quelques plus petites gares seront peu voire pas desservies. L’offre vers la Côte est elle aussi réduite.

La SNCB recommande aux voyageurs de vérifier les horaires de leur train via le planificateur de voyage sur l’app ou sur le site internet de la compagnie ferroviaire, qui tient compte des perturbations.

Peu de tram à la STIB

Du côté de la STIB, sept grandes lignes de tram sur 17 sont en service (lignes 3, 4, 7, 8, 9, 82 et 92) ce lundi matin, tandis qu’un bus sur cinq circule (lignes 36, 46, 53, 58, 59, 65, 71, 87, 89, 95).

Des actions sont également programmées en entreprises, tous secteurs confondus. Les représentants syndicaux pensent que la mobilisation sera grande. «Surtout dans des entreprises où l’on a continué à travailler pendant la crise. Parfois dans des circonstances difficiles. Les gens veulent voir cette flexibilité récompensée», commente William Van Erdeghem, de l’ACV/CSC Metea. Dans les secteurs du textile et du métal, quelque 400 sociétés seront touchées par des grèves.

La production devrait être complètement à l’arrêt dans certaines grosses entreprises comme Audi à Forest, Volvo Trucks à Gand, et Van Hool à Lierre. A Brucargo à Zaventem, où se concentrent de nombreuses entreprises de logistique ayant connu une belle croissance lors de la crise, les syndicats ont l’intention d’installer un barrage filtrant au rond-point proche de l’aéroport. Le porte-parole du PTB, Raoul Hedebouw, a notamment annoncé sa présence en matinée.

Supermarchés aussi touchés

Les supermarchés devraient aussi être touchés. «La détermination est grande. Nous nous attendons à un faible taux d’occupation dans les grandes surfaces», explique Kristel Van Damme de l’ACV Puls (CNE).

«Avec la volonté de respecter strictement les mesures sanitaires, les travailleurs répondront à leur manière à l’appel à la mobilisation: devant leur entreprise, en grève à la maison ou par des actions symboliques. Tous les secteurs privés sont concernés: les titres-services, le commerce, l’industrie, le transport et la logistique, le non-marchand, les soins de santé, les entreprises de travail adapté», explique la CSC dans un communiqué.

Les patrons ne sont évidemment pas ravis d’une telle mobilisation en pleine pandémie. «Faire grève aujourd’hui, un dommage économique tout à fait évitable, c’est un coup de poignard dans le dos», commente l’organisation patronale flamande Voka. Celle-ci souligne qu’une telle journée peut ruiner la réputation de notre pays sur la scène internationale. «Il ne faut pas sous-estimer le regard que vont porter les grandes entreprises internationales vers leurs sièges situés chez nous. Aucun pays en Europe ne se risque à une grève nationale en pleine crise du coronavirus «Mais la Belgique bien. Et cela nuit à l’image du pays plus que nous ne l’imaginons.»

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