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Deuxième fête prévue au Bois de la Cambre: «Les jeunes sont sur le point de s’auto-déconfiner», affirme le collectif «L’Abîme»

Deuxième fête prévue au Bois de la Cambre: «Les jeunes sont sur le point de s’auto-déconfiner», affirme le collectif «L’Abîme»
Photonews

La « fête sauvage » de vendredi soir pour revendiquer le droit de se rassembler a été déplacée du Cinquantenaire vers le bois de la Cambre par mesure de sécurité afin d’éviter de voir des gens pressés contre des grilles en cas de répression ou de mouvements de foule, a expliqué dans l’après-midi un porte-parole du collectif « L’Abîme », qui a appelé à la non-violence et à ce que chacun prenne ses responsabilités par rapport à la Covid-19.

Les collectifs « L’Abîme », derrière la « fête sauvage » de ce vendredi soir, et « La Boum », pour celle de jeudi soir, sont distincts. Le second n’a pas de revendications politiques particulières.

« Organiser est un grand mot ; nous sommes l’étincelle, comme ‘La Boum’ était un poisson d’avril qui a servi à réunir la poudre », fait valoir un porte-parole du collectif. « On veut retrouver notre droit de se réunir et de se rassembler sauf qu’il faut demander une autorisation et comme cela fait un an qu’on vit sous une dictature sanitaire, il était évident que jamais nous ne l’aurions eue. D’où le qualificatif ’sauvage’ pour nos fêtes. On estime qu’on ne fait rien de mal. Depuis quelques heures, on a l’impression qu’on organise un attentat terroriste. Cela montre à quel point on en est arrivé. Il est juste question de mettre de la musique dans un parc et encore hier, ils n’y sont même pas parvenus. Je pense qu’on a le droit de notre côté, la morale de notre côté, une bonne partie du peuple… »

Il explique que l’intention du collectif est de répandre, dans un grand nombre de villes européennes, ce concept de « fêtes sauvages » dans les parcs, et ce tant que l’interdiction de se réunir restera de rigueur. « Avant-hier, il y avait déjà le Cinquantenaire. Les jeunes n’ont pas besoin de ’L’Abîme’ ou de ’La Boum’. Ça coule dans leurs veines. Cela fait un an que les restrictions durent et on leur a juste proposé une soupape qu’ils ont saisie. »

Il fustige la répression de jeudi soir : « On a chargé des adolescents avec des autopompes, des chiens et des chevaux ». C’est pour éviter de voir des jeunes pressés contre les grillages du Cinquantenaire que le collectif « L’Abîme » a changé le lieu vendredi et proposé le bois de la Cambre, la police ayant amassé jeudi soir les participants en bordure d’étang.

« La responsabilité à porter sur la gestion de la pandémie »

Quant à l’expression de violence envers les policiers, dont plusieurs dizaines ont été blessés, le porte-parole du collectif « L’Abîme » défend que chacun est responsable de ses actes. « On a prôné la non-violence et on a appelé chacun à prendre ses responsabilités par rapport à la Covid-19. On recherche toujours un responsable, mais la responsabilité est à porter sur la gestion de la pandémie. Ce n’est pas nous, « La Boum », ou les jeunes. C’est la manière dont le gouvernement a géré la pandémie, la manière dont on nous a enfermés, dont on nous a séparés alors qu’on est des animaux sociaux qui ne peuvent pas vivre sans contact. Ce qu’on nous fait subir c’est de la torture psychologique. On a rencontré des jeunes et si d’autres leur avaient parlé, ils auraient fait comme nous. Il n’y a pas d’autre alternative. »

Dans la journée, le collectif « L’Abîme » a également posté un communiqué que voici.

« Les jeunes n’en peuvent plus des restrictions sociales, ils sont au bout du rouleau. Cela fait maintenant des mois que les psychologues et les psychiatres tirent la sonnette d’alarme. Fin janvier, une étude de l’UCLouvain et de l’UAntwerpen révélait encore qu’un Belge sur deux, essentiellement des jeunes, est en détresse psychologique. Notre jeunesse, c’est-à-dire le moteur de demain, est au bord du gouffre. Alors pourquoi nos gouvernements n’ont-ils pas pris la moindre mesure pour lui redonner ne fût-ce qu’une soupape de liberté ? Les jeunes sont sur le point de s’auto-déconfiner. Ce qui aura des conséquences désastreuses sur la propagation de l’épidémie. Ainsi, où sont allés les 1.500 jeunes dispersés par la police au lac de Louvain-La-Neuve ce 31 mars ? Ils ont poursuivi la fête dans des kots, des endroits par nature exigus où le virus circule activement. Pourquoi ne tente-t-on pas d’encadrer ce besoin vital avec des mesures qui limiteraient, elles, la propagation du virus. Les pistes de solution ne manquent pas. Comme nos demandes répétées de testing, restées lettre morte. Mais nos autorités continuent de faire la sourde oreille et qualifient encore et encore ces rassemblements de « gifles à la gueule des soignants ». Mais qui prend la mesure de cette gifle monumentale à la gueule de nos jeunes ? Nous sommes apolitiques et contre toute forme de violence. Mais penser que l’on peut taire un tel cri collectif de détresse avec des autopompes et des lacrymogènes est un leurre. Tant que nos autorités continueront à s’enfermer dans ce mutisme, à nier cette autre catastrophe sanitaire et à ne rien proposer pour soulager nos jeunes, nous continuerons à manifester et nous espérons que ce mouvement s’étendra dans tous les parcs de Bruxelles et dans toutes les villes en confinement depuis trop longtemps ».

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