Agriculture bio: 1.300 tonnes de patates sur les bras

Agriculture bio: 1.300 tonnes de patates sur les bras

En une décennie, le nombre d’agriculteurs en production biologique ou en conversion a explosé, passant de 779 à 1.816. Le secteur du bio tente donc de répondre à une demande de plus en plus grande des consommateurs en produisant des pommes de terre locales et biologiques, issues de variétés coriaces et plus respectueuses de l’environnement. Cependant, un stock de plus de 1.300 tonnes ne parvient pas à s’écouler chez certains producteurs. La cause ? La principale société d’emballage belge ne semble plus se fournir avec les pommes de terre locales. « J’ai déjà vu dans les supermarchés des pommes de terre, certes bio, mais qui ne proviennent absolument pas de chez nous », s’indigne Charles-Albert De Grady, représentants des producteurs. « Le problème c’est qu’étant donné que l’emballage est fait en Belgique, un drapeau belge ou un label peut figurer sur l’emballage alors que la pomme de terre vient d’Hollande, de France, etc. », explique M. De Grady. « Cela peut tromper le consommateur qui pense acheter éthique », ajoute-t-il.

D’autant plus que d’ici quelques semaines, des pommes de terre d’Israël, de Chypre ou encore d’Égypte vont débarquer dans nos supermarchés, accentuant le risque de gaspillage et les pertes économiques des producteurs locaux. « Ils ont l’avantage d’un meilleur climat, ils peuvent proposer une pomme de terre primeur bien plus tôt que chez nous. Les nouvelles pommes de terre belges seront prêtes pour août », selon le représentant des producteurs. Une situation qui ne s’inclut pas dans la politique du bio en Wallonie et qui fait monter au créneau les producteurs. « Je ne sais pas à quel prix sont vendues les pommes de terre étrangères. Tout ce que je sais, c’est que l’on vend les nôtres à 30 centimes du kilo, on ne peut pas faire moins ou on serait en perte », explique Charles-Albert De Gardy.

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