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Six ans de prison requis contre un homme accusé d’avoir abusé de ses petits-enfants

La grand-mère est aussi poursuivie, pour ne pas avoir dénoncé les faits alors qu’un des enfants s’était confié à elle.
La grand-mère est aussi poursuivie, pour ne pas avoir dénoncé les faits alors qu’un des enfants s’était confié à elle. - B.B.

Le dossier a été ouvert en février 2020 lorsque que deux jeunes femmes se sont rendues à la police pour porter plainte contre leur père. Elles venaient de découvrir que celui-ci avait commis des attouchements sur deux, voire trois de ses petites-filles entre janvier 2016 et février 2020. L’une des fillettes s’était déjà confiée à sa grand-mère en novembre 2019, lui demandant de ne plus la laisser seule avec son grand-père. La petite fille âgée de neuf ans avait aussi demandé à sa grand-mère d’en parler avec sa mère, ce qu’elle n’a jamais fait.

Lors de l’audience, le sexagénaire a reconnu avoir commis des attouchements sur deux de ses petites-filles mais pas sur la troisième qui n’est âgée que de six ans. Le prévenu, qui a expliqué lors de l’audience « avoir été émoustillé en voyant les enfants nus dans le bain », conteste les préventions de viol. L’homme a expliqué de quelle manière il caressait le sexe des fillettes parfois par-dessus et sous leurs vêtements. Pour le parquet, il ne fait aucun doute que la qualification de viol est établie même s’il n’y a pas eu de pénétration qui aurait pu laisser des traces visibles lors de l’exploration corporelle.

L’expert qui a examiné le prévu n’a décelé aucune forme de paraphilie et estime que le risque de récidive est faible. Au vu de la gravité des faits, de la durée de la période infractionnelle, du manque d’empathie et de l’absence de prise de conscience dans le chef du prévenu, le ministère public a réclamé une peine de six ans de prison.

La grand-mère des enfants est, pour sa part, poursuivie pour ne pas avoir dénoncé les faits dont elle avait été informée par une de ses petites-filles. «J’ai tout de suite cru la petite quand elle m’a expliqué cela mais je ne pouvais pas croire que mon mari, avec lequel je suis depuis 44 ans, avait commis de tels actes. Je suis tombée en dépression, j’ai fait un déni et je n’ai pas trouvé le courage d’en parler à ma fille», a expliqué la prévenue, en larmes, lors de l’audience.

Si elle a effectivement fait en sorte que la fillette ne se retrouve plus seule avec son grand-père, elle n’a rien mis en place pour protéger les enfants et éviter que de telles scènes ne se reproduisent sur ses autres petites-filles. Elle risque une peine d’un an de prison.

Du côté de la défense, les faits ne sont pas contestés. L’avocat du prévenu a par contre souligné que son client avait bien pris conscience de la gravité de ses gestes et qu’il n’avait pas attendu que la procédure judiciaire soit en cours pour chercher de l’aide. Le conseil a également insisté sur le fait que son client est en détention préventive depuis six mois. Il a plaidé en faveur de la peine de prison minimale assortie à un sursis probatoire pour ce qui dépasse la détention préventive.

Du côté de la défense de la grand-mère, s’il est certain qu’elle n’a pas adopté le comportement adéquat, on estime qu’avant novembre 2019 et les confidences de sa petite-fille, elle n’avait pas connaissance des faits commis par son époux. «Elle regrettera toute sa vie cette faute qu’elle a commise et qui fait souffrir toute la famille», a conclu l’avocat qui a demandé son acquittement.

Jugement le 30 avril.

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