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La Belgique rend hommage à ses vétérans et aux Casques bleus de Kigali

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Une cérémonie officielle s’est déroulée sur la tombe du Soldat inconnu, située à la colonne du Congrès à Bruxelles, en format réduit, en présence de la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, du chef de la Défense (Chod), de l’amiral Michel Hofman, d’un représentant du Roi et de l’amiral en retraite Jacques Rosiers, représentant les associations patriotiques.

Cette cérémonie annuelle, à l’occasion de la Journée des Vétérans, se tient chaque 7 avril depuis 1998, le jour de l’anniversaire de la mort des dix para-commandos assassinés à cette date en 1994 à Kigali, alors qu’ils servaient au sein de la Mission des Nations unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR), au tout début du génocide qui a fait quelque 800.000 morts selon l’ONU et « plus d’un million » selon les autorités de Kigali.

« Nous commémorons aujourd’hui l’assassinat de dix Casques bleus belges de l’ONU au camp Kigali il y a 27 ans jour pour jour. Leur dévouement et leur courage méritent notre plus profond respect. Nous les gardons, ainsi que leurs familles, dans nos mémoires », a commenté la vice-Première ministre et ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, sur Twitter.

« Il est important de ne pas oublier nos compagnons d’armes qui, sur terre, sur mer et dans les airs, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour que nous vivions libres et en paix. Ils ont été engagés à l’extérieur, suivant un mandat national, des Nations unies, de l’Otan ou de l’Union européenne, pour protéger notre population et celles des nations amies », a pour sa part indiqué l’amiral Rosiers, en tant que président de l’association Servio, l’organisme coupole regroupant les anciens combattants, prisonniers politiques, victimes de guerre, vétérans et associations patriotiques affiliées belges, dans une déclaration transmise à l’agence Belga.

« L’acte de Mémoire que l’on accomplit ce 7 avril et depuis des années, à Bruxelles comme à Kigali, vient relier le présent au passé autant que le présent au futur (…). Il y a un commandement au cœur de cet acte : faire en sorte que l’Histoire ne se répète pas. Il ne s’agit pas seulement de se souvenir, mais de s’engager envers le passé. Cet engagement, nous l’avons pris près d’un million de fois et peut-être encore plus. Les disparus de 1994 nous exhortent chaque jour à le tenir pour ne pas avoir à mourir de nouveau », a pour sa part déclaré le ministre d’Etat André Flahaut, qui fut ministre de la Défense de 1999 à 2007.

Les familles des dix Casques bleus assassinés le 7 avril 1994 ont pour leur part exprimé mercredi leur déception face à l’absence de considération manifestée à leur égard par le ministère de la Défense en ce jour anniversaire de la mort de leur proche, avec des commémorations réduites pour raison de pandémie.

Le protocole de la Défense ne les a pas informées du format – extrêmement limité – de la cérémonie qui se tient chaque année au mémorial du Soldat inconnu, aux pieds de la colonne du Congrès à Bruxelles, a indiqué la sœur de l’un des dix membres du 2e bataillon de commandos de Flawinne assassinés le 7 avril 1994 au Rwanda, Martine Debatty, à l’agence Belga.

« D’habitude, nous recevons une invitation un mois à l’avance », a-t-elle ajouté.

Selon Mme Debatty, un seul représentant des familles a été admis à la cérémonie d’hommage prévue dans l’après-midi à la caserne de Flawinne (Namur) d’où étaient issus les dix commandos, en présence de M. Flahaut (PS) et de l’ambassadeur du Rwanda en Belgique, Dieudonné Sebashongore.

« Nous, familles des para-commandos, avons résisté durant seize ans, et jusqu’à l’épuisement, pour empêcher que cette page sombre de l’Histoire ne s’efface. Surtout, nous avons lutté pour faire éclater la vérité du drame », a indiqué Mme Debatty dans une déclaration.

L’ambassade du Rwanda à Bruxelles a pour sa part organisé mercredi, en collaboration avec l’ASBL Ibuka Mémoire et Justice Belgique, la 27e commémoration des victimes du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. Elle s’est traduite notamment par le dépôt de gerbes de fleurs par des représentants de la société civile rwandaise, du corps diplomatique accrédité à Bruxelles, et des représentants de l’Etat belge (la secrétaire d’Etat bruxelloise Barbara Trachte, M. Flahaut, l’ambassadeur Stéphane Doppagne, envoyé spécial pour la région des Grands Lacs) à la stèle érigée en mémoire des victimes du génocide à Woluwé-Saint-Pierre.

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