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Les terrasses rouvertes sous la neige au Luxembourg: «On pense à nos amis belges»

À Wiltz, sous la neige, les chaises et les tables sont restées pliées
À Wiltz, sous la neige, les chaises et les tables sont restées pliées - C.G.

Depuis le 24 mars dernier et l’annonce de la réouverture de l’Horeca, tout le secteur luxembourgeois trépignait d’impatience dans l’attente de ce 7 avril.

Après des mois d’attente, les bars et restaurants peuvent enfin rouvrir leur terrasse. Les règles sont limpides : deux clients maximum par table, excepté pour les familles vivant sous le même toit qui peuvent rester ensemble. Les festivités, quant à elles, doivent se ponctuer au plus tard à 18 heures.

Mais depuis ce calendrier fixé, le mercure a dégringolé. Avec vingt degrés de moins, les rayons de soleil ont laissé place aux chutes de neige.

C’est finalement la loi de la nature qui aura mis tout le monde d’accord à Wiltz. Si la dizaine de terrasses dressées par la commune était presque toute montée, que les tables et les chaises étaient dépliées, il ne restait qu’aux clients à se déconfiner. « Mais je n’y crois pas. Nous installons les terrasses depuis ce matin et je ne vois pas grand monde dehors », confie un ouvrier de la commune de Wiltz. « En Belgique, peut-être que nous aurions pu voir quelques clients chaudement habillés. Mais ici, cela semble très calme. »

Et le constat dressé est unanime. Le temps aura eu raison des ambitions des cafetiers de la commune de Wiltz.

Pourtant, à l’Avenue de la gare, sur le trottoir bordant le Nexus Bar, deux chichas s’élèvent de deux petites tables. « Mais vous avez vu le temps ? », commente le patron en t-shirt sous les flocons. « Nous sommes ouverts depuis 10 heures, et personne ne s’est encore présenté. Pour nous, cette situation n’est pas tenable. Dès demain nous fermerons à nouveau notre établissement. Je ne peux pas me permettre de faire tourner le bar si je n’ai aucune rentrée. Il faut payer le personnel qui doit être présent. » Pourtant, ces derniers jours, le téléphone sonne. Et les potentiels clients au bout du fil étonnent : « Nous avons beaucoup de personnes de Bastogne qui souhaitent venir fumer une chicha et boire un verre. Ce n’est pas permis ? Je le sais mais la plupart prennent le bus. Les contrôles y sont moins fréquents. »

Le soleil est attendu

Il n’en reste pas moins que la grande majorité des bistros de Wiltz semble avoir cédé sous le poids de la météo. « Si nous avions eu le soleil d’il y a deux semaines, nous aurions servi des petits-déjeuners en terrasse. Là, nous n’allons rien faire de plus. Notre petite épicerie reste ouverte mais ce ne sera que pour emporter », regrette le gérant du Le Coq.

Seul l’hôtel-restaurant Beim Schlass semble avoir l’infrastructure nécessaire pour accueillir quelques clients sous les giboulées. « Nous avons dressé la grande terrasse à l’arrière mais elle n’est pas couverte. La petite de seize places est quant à elle sous une grande toile. Tout est prêt. Nous avons même mis quelques champignons chauffants pour que chacun puisse se sentir bien. »

Soutien à l’Horeca belge

Si le manque de clients est palpable, Jean-Marc Blanche, gérant de l’hôtel-restaurant, ne veut toutefois pas se lamenter : « J’ai une profonde pensée pour nos confrères belges. J’ai de nombreux amis à Martelange, à Bastogne. Cela semble bien moins simple que chez nous. Ici, nous pouvons le dire : le gouvernement nous soutient à la hauteur de nos besoins. Tout n’est pas rose, mais lorsque l’on voit la situation autour de nous, ce ne serait pas correct de nous plaindre. » Il poursuit : « C’est une situation incompréhensible. Nous sommes à dix minutes de Bastogne et là, tout est fermé. À croire que le virus s’arrête aux frontières. Pourquoi n’a-t-on pas une réouverture uniforme entre les deux pays ? C’est la première chose qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai appris que nous pouvions ouvrir ici au Luxembourg. On l’oublie parfois un peu vite, mais en plus de nous interdire de travailler, on nous interdit de réaliser notre passion. Notre bar, notre restaurant, pour beaucoup d’entre nous, c’est toute notre vie. »

Clément Glesner

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