20 ans de télé-réalité! Benjamin Castaldi: «Le Loft, c’était révolutionnaire, ça n’avait rien d’une télé-poubelle!»

20 ans de télé-réalité! Benjamin Castaldi: «Le Loft, c’était révolutionnaire, ça n’avait rien d’une télé-poubelle!»
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C’est une histoire qui commence non pas en France, mais aux Pays-Bas. À l’aube de l’an 2000, la chaîne Veronica diffuse la première saison de « Big Brother », où des jeunes se retrouvent enfermés et filmés 24h sur 24 dans une maison. Carton d’audience absolu.

Outre-Quiévrain, on regarde le phénomène avec circonspection. On voit l’intelligentsia parisienne défiler sur les plateaux de débat pour dire que jamais le public français ne se laisserait berner par ce type de programme racoleur et voyeuriste. En avril 2001, pourtant, «  Loft Story », l’adaptation made in France de l’émission, débarque sur M6. La télé-réalité vient d’entrer dans les foyers français. Loana, Steevy, Jean-Edouard ou Kenza deviennent en quelques semaines des stars. Le phénomène est tel que même en Belgique, où la saison 1 n’est pas diffusée, tout le monde sait qui est Loana.

« Loft Story » va également propulser son présentateur, Benjamin Castaldi, au rang d’animateur-vedette. «  J’ai été le dernier à qui ils ont proposé d’animer l’émission après que le Tout-Paris a refusé », se rappelle Benji, qui sera aux commandes d’une soirée spéciale sur les 20 ans du « Loft » jeudi sur C8. «  Mais je n’ai pas hésité avant d’accepter, car je n’avais pas conscience de ce que j’allais présenter. Je n’avais pas du tout bien mesuré le phénomène Big Brother. J’avais dit à M6 que j’acceptais de faire leur petit truc qu’était pour moi le Loft, mais que je voulais surtout un contrat pour la rentrée. (Rires.) »

Et pourtant, en quelques semaines, l’émission devient le programme le plus suivi du PAF et enflamme les discussions, les plus grands sociologues cherchant même à analyser le phénomène. «  Cette émission était révolutionnaire. On n’avait jamais vu ça. Et surtout, c’était transgénérationnel. Le Loft n’a pas été seulement un succès chez les ados, qui pouvaient se reconnaître dans les candidats, mais également auprès des parents, qui ont découvert comment vivaient leurs enfants ou les jeunes adultes. L’émission a créé un lien entre toutes les générations. C’est pour cela que ça a aussi bien marché. »

Reste que le jeu se retrouvera également sous le tir nourri des critiques. On parle de trash TV, voire de pornographie télévisuelle. «  Honnêtement, en revoyant les images, ça n’avait rien d’une télé-poubelle, c’était vraiment bon enfant », poursuit Benjamin Castaldi. «  Même la fameuse scène de la piscine entre Loana et Jean-Edouard, c’était soft, ce n’était pas un film X ! Après, c’est vrai qu’on ne bipait pas les gros mots et on les voyait cloper et boire à l’antenne, ce qu’on ne pourrait plus faire aujourd’hui. Mais ce qui a vraiment dérangé, c’est qu’on filmait les candidats 24h sur 24. Certains s’imaginaient qu’on faisait ça pour montrer des gens à poil, ce qui n’a pas du tout été le cas. »

La réplique de TF1 : la « Star Ac’»

Le « Loft » ne durera finalement que deux saisons, mais son succès va par contre engendrer une vraie déferlante d’émissions de télé-réalité. À commencer par l’arrivée à l’automne 2001 de la « Star Academy » ! «  TF1, verte de rage de s’être fait damer le pion par le Loft, a demandé à Endemol de trouver une autre émission de ce genre, avec des candidats enfermés », se rappelle Benjamin Castaldi. «  Au départ, la chanson était un prétexte pour faire de la télé-réalité. Et finalement, c’est devenu un vrai talent-show. »

Si la « Star Ac’» va mettre sur orbite la carrière d’un autre animateur, Nikos Aliagas, Benjamin Castaldi, lui, va garder cette étiquette d’animateur de programmes de real TV, en passant en 2006 sur TF1, où il va présenter « La ferme célébrités » et, surtout, « Secret Story ». «  Là aussi, je n’ai pas été très clairvoyant. Pour moi, Secret Story était une façon assez maladroite d’habiller le Loft. Je me disais que les secrets tiendraient deux semaines et qu’après on n’en aurait plus rien à faire. Mais pas du tout. C’était vraiment un format à part entière. Les secrets, le côté manipulation avec la Voix, c’était particulièrement réussi. »

Il ne regrette en tout cas rien. «  Je ne vais pas cracher dans la soupe  », dit-il, même s’il admet qu’il a pu y avoir parfois de sérieux dérapages… comme lorsque la production de « Secret Story » avait envisagé de donner une pilule abortive à une candidate enceinte ! Par contre, il dément que la prod ait fourni de l’alcool et de la drogue aux candidats. «  L’alcool, il y en avait beaucoup moins sur Secret Story que sur le Loft. On a été très vigilants. Et la came, c’était à notre insu. Mais c’est vrai que c’était devenu un sport national pour certains candidats de rentrer dans la Maison des Secrets avec de la dope cachée dans une valise. »

« Loft Story, 20 ans après ! », jeudi 8 avril, 21h15, C8

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