Vers un report de la réouverture de l’Horeca? «Il serait plus sage d’attendre, tant pis si ce message n’est pas populaire», affirme Pedro Facon

Pour le secteur, il devient urgent de rouvrir.
Pour le secteur, il devient urgent de rouvrir. - Photonews

Sudpresse l’écrivait dans ses éditions du week-end : en vue du Codeco de mercredi matin, Frank Vandenbroucke, appuyé par ses experts et le commissaire Corona, Pedro Facon, garde un œil attentif sur les courbes d’évolution de la pandémie. En cause : des indicateurs encore trop élevés pour envisager un déconfinement.

Le commissaire corona Pedro Facon, chargé de coordonner la réponse belge à l’épidémie, va conseiller aux politiques de rouvrir l’Horeca mi-mai plutôt qu’au début du mois comme envisagé actuellement. Rapportée par les journaux L’Echo et De Tijd, samedi, cette nouvelle n’a pas vraiment plus au monde de l’Horeca. Une déclaration qui annonce, peut-être, la couleur en vue du prochain Codeco. Si le commissaire dit oui à la rentrée scolaire du 19 avril, accompagnée d’une stratégie de tests répétitifs grâce aux autotests, et à la levée dès le 26 avril des mesures de « refroidissement » instaurées pour un mois visant les commerces non essentiels et les métiers de contact, il est en revanche moins favorable à une réouverture de l’Horeca le 1er mai. « Tant pis si ce message n’est pas populaire. Mais promettre des châteaux en Espagne puis revenir dessus, cela n’aide pas », affirme-t-il. « Après le 19 et le 26 avril, il serait sage d’attendre trois semaines avant la prochaine grande étape. » Ce qui nous mènerait à la mi-mai. Tout ceci relève de la position du Commissariat. Au prochain comité de concertation de trancher mercredi prochain. « Je ne décide pas », insiste Pedro Facon. « Je conseille. Et j’exhorte les décideurs à tenir compte de la réalité de l’épidémie, à poser des choix et à avancer avec prudence. »

Une prise de position qui fait trembler le secteur Horeca et induit même un stress supplémentaire. Une fois de plus serait-on tenté d’écrire. Plusieurs cafetiers, eux, ont déjà fait part de leur volonté d’ouvrir coûte que coûte le 1er mai. « C’est ça ou rien », nous explique un patron à Namur. « Ne vaudrait-il pas mieux assurer une réouverture progressive et assistée ? S’il n’y a pas d’assouplissement lors du prochain comité de concertation, je crains le pire. Certains vont craquer. » Contacté, Thierry Neyens, président de la fédération Horeca Wallonie préfère ne pas réagir à ce énième coup de bambou pour le secteur qu’il représente. « Je préfère attendre des infos officielles, c’est-à-dire le Codeco. C’est trop tôt pour régir sur des infos officieuses et ça risque de mettre de l’huile sur le feu. Mardi, nous avons une réunion avec nos collègues flamands et bruxellois. Nous faisons le maximum pour mettre en place un protocole pour faciliter les choses. Mais avant, il n’y aura aucune réaction. Nous serons très attentifs au Codeco de cette semaine. »

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