Neil Armstrong, ce héros triste, déterminé mais aussi incapable de dialoguer avec sa femme et ses enfants

Neil Armstrong, ce héros triste, déterminé mais aussi incapable de dialoguer avec sa femme et ses enfants
Universal

Après Quentin Tarantino pour « Il était une fois… à Hollywood », c’est Damian Chazelle qui s’apprête à réunir sur la même affiche Brad Pitt et Margot Robbie, dans « Babylon ». Un film qui aura eu bien du mérite à voir le jour puisque, initialement prévu pour 2021, il ne devrait sortir que l’année prochaine, à cause du Covid. Un retard qui a obligé Emma Stone à se retirer du projet. « Babylon » confirme la fibre souvent nostalgique qui anime Damian Chazelle, puisque le film, après la comédie musicale de l’âge d’or revisitée dans « La La Land » et les temps héroïques de la conquête spatiale ressuscités dans « First Man », nous plongera dans le Hollywood des années 20, au moment du passage du cinéma muet au parlant.

En attendant, ce soir, Chazelle nous emporte dans les étoiles en compagnie de Ryan Gosling avec ce drame biographique racontant la trajectoire sinueuse de l’astronaute Neil Armstrong jusqu’à ce qu’il pose le pied sur la Lune, un certain 21 juillet 1969. « En 2014, on m’a passé ‘’First Man’, la biographie écrite par James R. Hansen sur Neil Armstron. Et ça m’a soudain frappé que je ne connaissais pas grand-chose de lui, ni des programmes Apollo ou Gemini », expliquait Damien Chazelle à la sortie du film, en 2018. « La fragilité de ces métiers, la quantité d’inconnues, l’acceptation des risques – les premières fusées, ce sont des tombeaux volants ! Ce que ces types ont réalisé est fou. »

Loin d’une hagiographie, son film s’intéresse à la personnalité complexe de Neil Armstrong. Il nous montre que le sang-froid magnifique qui sauvera plus d’une fois la mise de l’astronaute durant les périlleuses années de préparation, mais aussi sa détermination et sa concentration, toutes ces qualités qui en font un héros de l’Amérique, faisaient presque de lui un handicapé social dans la vie de tous les jours. On découvre un homme en deuil incapable de dialoguer avec sa femme et ses enfants, incapable de partager ses joies et ses douleurs, incapable de jouer le jeu des médias et même de se montrer sympa avec ses collègues – son inimitié avec Buzz Aldrin, aussi d’Apollo 11, est légendaire. Elle tient peut-être à ça, l’étoffe des héros.

« First Man, le premier homme sur la Lune », 21h05, France 2.

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