Cyclisme: Alaphilippe veut y arriver à la 55e Amstel Gold Race

Julian Alaphilippe.
Julian Alaphilippe. - News

Dans leur jeu d’ombres annoncé ce dimanche, le soleil et les nuages d’un printemps frisquet dessineront deux silhouettes sur le Cauberg, cette langue de bitume qui s’étire entre les champs du Limbourg néerlandais. Celle de la star locale Mathieu van der Poel, vainqueur de la dernière édition de la Gold Race (en 2019 puisque la suivante a été effacée par la pandémie). Et celle de Philippe Gilbert qui, s’il n’est pas officiellement le recordman des succès (Jan Raas avec 5 victoires mais sur un tracé différent, qui expirait alors dans la vallée de la Meuse à Maastricht), est pourtant le champion qui a transformé cette ascension en champ de conquêtes (4 victoires au bout de l’Amstel et 1 au championnat du Monde). Deux coureurs hors-norme, de générations différentes, qui brilleront par leur absence ce dimanche, à Valkenburg.

Trois côtes du parcours traditionnel

Le Néerlandais est en phase de récupération active, avec le Tour de France et les JO de Tokyo en ligne de mire, le Belge ne reprendra la compétition que mercredi lors de la Flèche Wallonne, après un break d’un mois dont il avait besoin pour se ressourcer, se retrouver. Pour autant, la seule classique néerlandaise du calendrier mondial (un comble, dans un pays où la petite reine semble faire partie de la famille d’Orange) ne manquera pas de prétendants, des coureurs qui devront effacer une petite quarantaine d’ascensions, sur un tracé redessiné pour cause de pandémie, limité à trois communes afin de plus aisément gérer le huis clos requis par les autorités politiques et sanitaires. Au lieu de tournicoter dans la campagne du Limbourg entre Maastricht et Valkenburg, la course prendra la forme d’un circuit empruntant trois côtes du parcours traditionnel. Le tracé inclut bien sûr le Cauberg, la montée référence à grimper à douze reprises, avant un tour final légèrement différent. La course sera certes rabotée d’une cinquantaine de kilomètres (216) mais limera inéluctablement les organismes, face à la répétition des trois raidillons et à l’enchaînement des tours de circuit, faisant forcément songer au sacre arc-en-ciel de Gilbert, en 2012…

Le maillot irisé épouse aujourd’hui les épaules de Julian Alaphilippe, l’Auvergnat compte évidemment parmi les favoris d’une course que les Français n’ont plus remportée depuis quarante ans (Bernard Hinault en 1981). Mais il lui faudra déjouer la prise en tenaille que lui promet l’équipe Jumbo-Visma, qui « joue à domicile » (même si les Néerlandais n’ont plus décroché la timbale depuis 20 ans et Eric Dekker). Wout van Aert et Primoz Roglic, qui n’ont plus évolué de concert depuis le dernier Tour de France, seront réunis dans l’effort, l’un pour refermer de belle manière sa superbe séquence des classiques, l’autre pour ouvrir le premier triptyque ardennais de sa carrière. Parce qu’elle mixe le peloton des « Flandriens » et des « Ardennais », l’Amstel est toujours très ouverte dans son scénario. Les Pidcock (vainqueur de la Flèche Brabançonne mercredi), Kwiatkowski, Fuglsang, Van Avermaet, Wellens, Teuns, Schachmann ou Valverde s’immisceront à coup sûr dans le combat entre Alaphilippe et l’équipe Jumbo.

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