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«Migrations libres» dénonce des manquements au centre de réfugiés de Jalhay

«Migrations libres» dénonce des manquements au centre de réfugiés de Jalhay
Belga

C’est un long texte accablant à charge de la direction du centre de réfugiés de Jalhay et du personnel infirmier qu’a rédigé ce 18 avril « Migrations libres » sur son blog internet, sur base de témoignages anonymes recoupés et vérifiés, précise le collectif à l’agence Belga. Les reproches qui y sont formulés sont interpellants : il y est question de négligences en matière de soins de santé, de manques de médicaments, de pressions de la direction, de manque de personnel. Certains résidents parlent d’exploitation et d’autres disent vivre dans des logements insalubres, dans des chalets humides sans accès direct aux sanitaires.

Depuis le passage au privé

Selon cette association, les conditions de vie des résidents du camping du Spa d’Or de Jalhay, sur lequel se trouve le centre de réfugiés, auraient commencé à se détériorer quand la structure est passée en octobre 2020 des mains de la Croix-Rouge à celles du privé, et plus précisément de la société Svasta, qui se présente comme une coopérative à finalité sociale, qui elle-même appartient au groupe Corsendonk, à la tête duquel on retrouve Dominique Nedée, propriétaire dudit camping.

« Les témoignages que nous avons récoltés soulignent les conséquences pour les résidents de drastiques réductions de personnel, de 30 à 12 travailleurs, et ce également au sein de l’équipe médicale, un manque d’organisation dans la gestion journalière du centre, la réduction des montants dédiés à la nourriture des résidents, un manque de surveillance des allées et venues au sein du centre, de très longs temps d’attente pour accéder aux traitements médicamenteux. Ils parlent également de l’impossibilité d’avoir accès aux soins de santé le week-end, de l’utilisation de logements non adaptés et de détournement du ’service communautaire’ pour profiter d’une main d’oeuvre à faible coût, et même mettre au travail les résidents sur un autre site géré par Svasta», raconte le collectif, qui préfère garder ses sources anonymes, de peur de représailles de la direction sur les parcours de demande d’asile.

Fedasil tente de rassurer

De manière générale, « Migrations libres » questionne le choix de mettre ce type de structures entre les mains du privé. « Il faut établir des critères spécifiques et fixer des conditions d’accueil strictes au risque de voir les sociétés rogner pour réaliser des bénéfices », estime-t-elle.

Fedasil, l’Agence fédérale pour les demandeurs d’asile qui est en charge du réseau des centres de réfugiés, dit avoir pris connaissance de ce texte et tient à rassurer les résidents. « Chez Fedasil, on s’occupe de l’accueil pendant l’examen de la procédure de demande d’asile », explique son porte-parole. « Un directeur de centre n’a aucune influence sur le déroulement d’une procédure, c’est le commissariat des réfugiés qui s’occupe des papiers. Si un demandeur d’asile a une certaine défiance vis-à-vis du centre, il peut nous contacter, faire remonter les informations et déposer une plainte.»

L’Agence essaie que l’accueil soit le même partout et dit veiller au respect des normes de qualité. Plus spécifiquement, dans le cas de Jalhay, Fedasil a fait appel à une société privée pour répondre à une demande en urgence, précise-t-elle, pour une durée temporaire de 12 mois avec six mois renouvelables.

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