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Brexit: le Parlement européen prêt à approuver l’accord commercial avec Londres

Brexit: le Parlement européen prêt à approuver l’accord commercial avec Londres
AFP

L’assemblée se prononce ce mardi sur cet « accord de commerce et de coopération », qui n’est actuellement que provisoirement entré en vigueur. Le résultat des votes – une large approbation est attendue – sera connu mercredi matin. L’accord entrerait ainsi pleinement en vigueur ce samedi 1er mai, après validation par le Conseil (États membres).

« Je conviens avec vous que cet accord sur papier ne vaut que pour sa mise en œuvre et son application dans la pratique. Et je partage les préoccupations que vous avez concernant les actions unilatérales du Royaume-Uni depuis l’entrée en vigueur provisoire de l’accord », a commenté Mme Von der Leyen.

« Mais cet accord est pourvu de solides défenses, dont un mécanisme de règlement des différends et la possibilité de mesures correctrices unilatérales si nécessaire. Soyons clairs : nous ne voulons pas recourir à ces instruments, mais nous n’hésiterons pas à le faire si nécessaire. Ils sont essentiels pour garantir le plein respect de l’accord de commerce et de coopération ainsi que de l’accord de retrait », a exposé l’Allemande.

À l’exception de l’Irlande du Nord, le Royaume-Uni ne fait plus partie du marché intérieur européen depuis le début de cette année. L’ensemble du pays a aussi quitté l’union douanière. Les répercussions sur le commerce avec l’UE et entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord ont poussé le gouvernement de Boris Johnson à établir des contrôles douaniers plus stricts, en dépit d’accords passés avec les Européens. Le statut spécifique de l’Irlande du Nord a, ces dernières semaines, réveillé les violences et les troubles nord-irlandais.

« Depuis que l’accord de commerce est entré en vigueur provisoirement, nous avons constaté un certain nombre de problèmes. Beaucoup sont la conséquence du type de Brexit qu’a choisi le Royaume-Uni », a affirmé Ursula von der Leyen. Le négociateur en chef du Brexit pour les Européens, le Français Michel Barnier, invité une dernière fois à ce titre au Parlement européen, n’a pas dit autre chose.

Mais la Commission européenne n’en recherche pas moins « des solutions communes ». Et c’est pour cette raison que la ratification est si importante, a souligné Ursula von der Leyen, en ce qu’elle offre les outils pour faire respecter les engagements. L’Allemande a fait état d’avancées dans les pourparlers en cours avec le Royaume-Uni. « Ces derniers jours, nous avons vu une dynamique positive ».

Les différends restent toutefois rudes. Dernier en date : la menace par la France de « mesures de rétorsion » sur les services financiers britanniques si l’accord post-Brexit sur la pêche n’était pas mis en œuvre.

« Le Royaume-Uni attend de notre part un certain nombre d’autorisations sur les services financiers. Nous n’en donnerons aucune tant que nous n’aurons pas les garanties que sur la pêche et d’autres sujets, le Royaume-Uni respecte ses engagements », a averti le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, sur la chaîne BFM Business.

Le scrutin est accompagné du vote d’une résolution parlementaire non contraignante, dans laquelle les élus qualifient le Brexit d’« erreur historique ». Le Brexit « a été poussé par un nationalisme irresponsable, basé sur de fausses promesses et une vision à court terme. Il est mauvais pour la Grande-Bretagne et mauvais pour l’Europe », a déclaré l’eurodéputé social-démocrate autrichien Andreas Schieder.

Pour les Verts/ALE, Philippe Lamberts a déploré le peu de cas que fait Boris Johnson des accords. « La violence en Irlande du Nord est d’abord et avant tout due aux mensonges de Boris Johnson qui a fait croire aux Nord-Irlandais que rien ne les séparait du Royaume-Uni, alors que l’accord de séparation et son protocole irlandais indiquent très précisément les différences de traitement entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni ». L’écologiste a aussi insisté sur la protection des données, face à un pays qui est « l’un des champions du monde de la surveillance généralisée, lui qui espionne massivement ses propres citoyens. »

Même s’il a lui aussi déploré le divorce, Geert Bourgeois (N-VA, ECR) a souligné que l’accord mettait « un terme à l’incertitude juridique pour les citoyens, les entreprises et notre prospérité, dès lors qu’un scénario de no-deal est évité. » Il en a appelé à des solutions pragmatiques des deux côtés de la Manche, avec à la clé un bon partenariat. « Il faut avoir de bons voisins, c’est dans notre intérêt de renforcer cette relation », a plaidé l’ancien ministre-président flamand.

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