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Échec des négociations sur les salaires: les syndicats doivent créer des attentes réalistes envers leur base, affirme Egbert Lachaert

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale du syndicat chrétien CSC
Marie-Hélène Ska, secrétaire générale du syndicat chrétien CSC - Belga image

Les syndicats socialiste, chrétien et libéral ont déclaré mardi la fin des négociations salariales car, selon eux, les employeurs rendent impossible un « accord de solidarité », en s’en tenant à « une faible marge de 0,4 % maximum » et en ne voulant autoriser une augmentation salariale supplémentaire que dans une minorité d’entreprises.

Invitée sur Bel-RTL ce mercredi matin, Marie-Hélène Ska, secrétaire générale du syndicat chrétien CSC, a indiqué que « les syndicats ont constaté avec les employeurs que les visions étaient trop éloignées sur les possibilités d’augmenter les salaires pour les deux années à venir. On aurait préféré aboutir à un accord mais les conditions pour y arriver n’étaient pas remplies ! »

La représente ne précise pas si des actions seront menés dans les mois à venir. « Les discussions se feront dans les entreprises et les secteurs, en fonction de l’état d’esprit qui règne dans ces sociétés mais ce que nous ne voulons pas, c’est que des discussions qui ont lieu aujourd’hui pénalisent la situation et la négociation sur les salaires en 2023, en 2024. Que ce soit le 30 avril, le 2 mai ou le 3 mai, il faudra qu’on se remette autour de la table pour aborder les sujets qui font le cœur aujourd’hui de ce qui vit dans le monde du travail ».

Lachaert répond

Le président de l’Open Vld demande aux syndicats de « considérer la question d’une manière différente ». « Si à l’occasion du 1er mai, et de Rerum Novarum, les syndicats continuent à radicaliser leurs partisans, sans dire clairement dans quelle situation nous nous trouvons actuellement et sans créer des attentes réalistes, ils ne parviendront jamais à obtenir l’adhésion de leurs membres ».

La situation est claire, a ajouté M. Lachaert. « Nous sommes dans une crise corona profonde, où 70 % de notre économie est exsangue et des entreprises sont au bord de la faillite. On ne peut dès lors s’attendre à de grosses augmentations de salaires ».

Le président des libéraux flamands dit ne pas pouvoir se défaire de l’impression qu’« un certain nombre de syndicats deviennent quelque peu dominés par leur aile très extrême – sans parler de leur aile PVDA/PTB – ce qui signifie aussi qu’aucun progrès ne peut être réalisé. »

Lachaert appelle également les employeurs à rechercher un compromis et suppose que le ministre Dermagne tentera encore d’aboutir à un accord, ce que ce dernier a effectivement indiqué à la Chambre mardi « Je pense qu’il faut essayer d’aller le plus loin car il y a encore tellement de chantiers pour notre pays : la réforme des retraites, du marché du travail… Si nous ne pouvons pas le faire ensemble avec les partenaires sociaux, c’est le politique qui devra trancher et pour la base de soutien de notre pays, je trouverais dommage que cela ne puisse pas se faire dans le cadre d’un dialogue social constructif. »

Si aucun accord social n’est conclu de toute façon, le gouvernement fédéral confirmera la marge de 0,4 % en plus de l’index et « un certain nombre de choses en rapport avec le corona » seront retirées du calcul, « et c’est tout ». Il y a un accord sur ce point au sein du comité ministériel restreint, a encore dit Egbert Lachaert.

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