Une 3e dose du vaccin pour maintenir l’immunité à long terme? «Cette annonce est une très mauvaise idée en termes de communication», selon Coppieters

Une 3e dose du vaccin pour maintenir l’immunité à long terme? «Cette annonce est une très mauvaise idée en termes de communication», selon Coppieters

Se dirige-t-on vers une troisième dose en décembre ? La question est sur la table. « La Task Force vaccination suit tous les développements scientifiques. Elle examine aussi la possibilité d’une troisième dose », confirme le porte-parole du ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit).

Il y a un mois, Pfizer annonçait la probable nécessité d’une troisième injection. Cette information ne surprend pas Sophie Lucas, immunologiste à l’UCLouvain. « Dans le contexte d’une infection respiratoire avec de nombreux mutant, il faut maintenir l’immunité à haut niveau », commente cette experte.

Pour Yves Coppieters, épidémiologiste à l’ULB, c’est un peu tôt pour se positionner. « Une troisième dose n’a de sens que pour rebooster l’immunité ou si le vaccin n’est pas efficace contre les variants. Or Pfizer a annoncé une bonne immunité contre les variants et nous n’avons aucune idée de la durée des anticorps », développe-t-il.

Chaque vaccin possède un schéma vaccinal optimal. Souvent les premières doses sont répétées à courts intervalles pour booster le système immunitaire. Ensuite il y a des rappels à échéance plus longue. « Il y aura sûrement une 4e dose mais probablement pas trois semaines après la 3e dose. Pour la grippe, le rappel est annuel. Pour le Covid on ne sait pas encore », annonce l’immunologiste.

Découragement ?

Alors qu’il existe une plus forte réticence à la vaccination du côté francophone, une troisième dose pourrait-elle renforcer la méfiance ? « Une injection supplémentaire ne remet pas en cause l’efficacité du vaccin », affirme Sophie Lucas.

Quant à ceux qui s’inquiètent des conséquences si le vaccin est à nouveau inoculé, « nos systèmes immunitaires ont évolué pour nous rendre capable de réagir à un nombre incroyable d’agents extérieurs potentiellement dangereux. Le vaccin n’est qu’une petite goutte d’eau », rassure-t-elle

Si refuser de se faire vacciner aujourd’hui parce qu’on risque une troisième dose n’a aucun sens pour cette experte, Yves Coppieters craint que beaucoup ne partagent pas son avis. « C’est un peu précoce d’annoncer une dose supplémentaire et une très mauvaise idée en termes de communication. Cela va décourager les personnes qui ne sont pas encore vaccinées de le faire car, désormais, on les projette sur trois doses », estime l’épidémiologiste. Pour le moment rien n’est encore arrêté. Il reste encore beaucoup de questions : combien de doses en plus ? À qui on l’administre ? Qui vaccine ? Quand ? La Task Force se penche sur tous ces aspects pratiques.

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