«Dès le 1er prime, on a tout de suite compris que Grégory Lemarchal gagnerait la Star Ac’, on l’appelait d’ailleurs ‘Greg le Millionnaire’»

«Dès le 1er prime, on a tout de suite compris que Grégory Lemarchal gagnerait la Star Ac’, on l’appelait d’ailleurs ‘Greg le Millionnaire’»

Pourquoi la Starac a-t-elle marqué autant l’esprit des gens ?

Parce qu’on était diffusé tous les jours sur TF1 avec la quotidienne. C’était un programme incontournable et puis, surtout, on était accompagné par un certain Grégory Lemarchal qui a mis en lumière notre saison 4 et qui a d’ailleurs un peu empêché les saisons suivantes d’exister tellement il a marqué les gens. Après Grégory, les téléspectateurs ont moins voulu suivre les programmes tellement ça a été intense.

Comment vous êtes-vous retrouvé candidat à la Starac ?

On m’a incité à m’inscrire au casting. J’étais déjà chanteur et lié à une maison de disque. La productrice de la Starac, Alexia Laroche-Joubert était la femme du PDG de Warner Music. Lorsqu’on m’a viré de cette maison de disque, Alexia m’a appelé et m’a proposé de passer le casting de l’émission. Je l’ai passé et je me suis retrouvé dans ce programme un peu malgré moi. Aujourd’hui, je suis très heureux et fier d’en avoir fait partie. Ça a vraiment changé ma vie et c’est grâce à Alexia Laroche-Joubert. Je lui dois ma participation à la Star Academy.

À l’intérieur du château, est-ce que vous vous rendiez compte de l’impact qu’avait l’émission auprès des gens ?

Pas du tout. À ce sujet, j’ai une anecdote à vous raconter. Un matin, on avait réussi à entrer dans le théâtre du château et on s’est aperçu qu’il y avait un souterrain. On l’a emprunté et on s’est retrouvé sous le château dans les bureaux de la production. Il n’y avait personne. On a vu des petites pancartes sur lesquelles les audiences étaient comparées aux saisons précédentes. Les chiffres n’étaient pas terribles du tout ! Ça ne fonctionnait pas bien. On s’est dit que l’on faisait la saison qui ne marche pas. Ça nous a donné une espèce de légèreté et les audiences ont commencé à décoller à ce moment-là. La Star Ac’, c’était vraiment nos années d’insouciance.

Il y avait aussi les primes et des stars, chaque semaine.

C’était extraordinaire. Imaginez un peu. Vous vous levez le matin, vous allez déjeuner et il y a Phil Collins à table qui vous attend. Vous allez dans le salon, il y a Lenny Kravitz qui joue de la guitare. Vous sortez du château, il y a un hélico qui passe au-dessus, c’est Jennifer Lopez qui arrive pour vous dire bonjour. Cette émission n’existera plus jamais parce que financièrement, on ne peut plus produire aujourd’hui des émissions qui coûtent aussi cher. Ce n’est plus possible. La Star Ac’, c’était la Rolls-Royce des émissions de variétés. Toutes les stars internationales s’y pressaient.

Il y avait de la compétition entre vous ?

Pas du tout parce que, dès le 1er prime on a tout de suite compris que Grégory gagnerait le programme. Avec sa voix, son charisme, son histoire et sa maladie, c’était pour nous évident qu’il fallait qu’il gagne. Cela ne faisait pas l’ombre d’un doute. On l’appelait d’ailleurs Greg le Millionnaire.

Quel est votre plus beau souvenir ?

Mon duo avec Maurane sur une chanson de Polnareff. Elle est apparue sur le plateau du prime alors que je ne m’y attendais pas du tout. C’était incroyable de la voir débarquer.

L’étiquette Starac, ce n’est pas trop dur à porter ?

Il m’a fallu plus de dix ans pour prouver que je n’étais pas que la Starac et que TF1. Les Français collent facilement des étiquettes. D’ailleurs, les gens ne m’appelaient pas par mon nom de famille, mais disaient « Mathieu de la Starac ». J’ai eu la chance de monter des entreprises, de créer des cafés-concerts, de faire de la politique. Aujourd’hui, je travaille dans le milieu littéraire où l’on ne me parle plus du tout de la Starac.