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450.000 logements wallons se chauffent pour tout ou en partie au bois

La part d’énergie renouvelable dans la consommation finale brute d'énergie augmente en Wallonie.
La part d’énergie renouvelable dans la consommation finale brute d'énergie augmente en Wallonie. - D.R.

La part d’énergie renouvelable dans la consommation finale brute d’énergie en Wallonie, tous vecteurs confondus (chaleur, électricité, transport), est actuellement à 12,1 %, ce qui signifie qu’en Wallonie, on continue de dépendre à 87,9 % de sources d'énergies non renouvelables. Pour 2020, la Wallonie s’était fixé d’atteindre les 13 %.

Privilégier les énergies renouvelables pour la production d’énergie est un des objectifs de la Wallonie. On sait qu’il existe de nombreux types de biocombustibles, du bois jusqu’aux combustibles plus sophistiqués obtenus à partir de biomasse cultivée à cet effet. Mais où en est-on réellement en Wallonie à ce sujet ? On fait donc le point sur les filières bois-énergie et agrocombustibles en Wallonie.

D’après le SPW Energie (chiffres 2018, les plus récents disponibles), la part d’énergie renouvelable dans la consommation finale brute d'énergie en Wallonie, tous vecteurs confondus (chaleur, électricité, transport) est à 12,1%, ce qui signifie qu’en Wallonie, on continue de dépendre à 87,9 % de sources d’énergies non renouvelables.

« La chaleur représente un peu plus de la moitié (51 %) de l’énergie consommée en Wallonie : les besoins en chaleur sont donc conséquents, par rapport aux besoins en électricité et pour le transport. Pourtant, les productions de chaleur renouvelable (solaire thermique, géothermie, pompes à chaleur, combustion de biomasses renouvelables) n’assument « que » 13,1 % de la consommation finale de chaleur en Wallonie », explique Pierre Martin, secrétaire général de Febhel, la Fédération Interprofessionnelle Belge du Bois Energie, en référence à cette même année 2018.

Potentiel de croissance

Bien que la chaleur renouvelable représente également plus de la moitié (56 %) de la production d'énergie renouvelable en Wallonie, on constate que le potentiel de croissance est encore énorme au regard des 86,9 % des besoins en chaleur encore couverts par des sources non renouvelables (gaz naturel et mazout de chauffage notamment). « La chaleur renouvelable est surtout produite à partir de la combustion du bois, sous toutes ses formes : 75% de la chaleur renouvelable produite en Wallonie l’est à partir du bois. Le bois est donc une source de chaleur renouvelable incontournable en Wallonie », ajoute Pierre Martin.

Le chauffage représente plus de trois quarts (76%) des besoins énergétiques des ménages wallons. Le chauffage au bois équipe en tant que chauffage principal 3,1 % du parc de logement wallon, que ce soit sous forme de chauffage central ou décentralisé. En comparaison, le mazout représente 46% et le gaz 42 %, les pompes à chaleur et les autres sources renouvelables, 2%. Cela représente environ 47.000 logements qui se chauffent principalement grâce au bois. Pour le chauffage d'appoint, le bois équipe environ 403.000 logements, soit 47% des logements équipés d’un chauffage d’appoint (les autres étant surtout équipés par un chauffage électrique).

En 2018, les différentes sources de chauffage au bois utilisées par les ménages étaient, pour 70 %, le bois bûches, pour 28 % le pellet et pour 2%, le bois déchiqueté (plaquettes). Les bûches restent la forme la plus largement utilisée par les ménages qui se chauffent au bois. Sans doute pour des raisons de facilité d'accès, de prix (à la fois des installations et du combustible) et également d’ambiance lorsqu’elles sont utilisées pour le chauffage d’appoint. « Cependant, pour qui souhaite se chauffer de manière durable et avec un maximum de confort, tout en restant très compétitif par rapport au mazout en termes de prix, les pellets représentent une alternative de choix. Cela se traduit d'ailleurs par une progression régulière de ce mode de chauffage, grapillant chaque année des parts sur les installations au mazout », ajoute le secrétaire général.

Le bois représente à lui seul 71 % des énergies renouvelables consommées par les ménages wallons en 2018. A titre de comparaison, les pompes à chaleur comptent pour 5,1 %, le solaire thermique 2,5 % et la géothermie 0,1%, le solde étant complété par le solaire photovoltaïque, qui n’est pas un vecteur typique pour le chauffage.

On estime que la consommation de bois-énergie par les ménages wallons représente l’équivalent d'environ 550.000 tonnes de bûches, 170.000 tonnes de pellets et 13.000 tonnes d'autres bois (bois déchiqueté, plaquettes,...). S’il est difficile d’estimer la part produite localement en bûches, à cause d’une grande part encore réalisée par les particuliers, pour les pellets la production locale (wallonne) est de 700.000 tonnes par an. Cette capacité est appelée à augmenter dans les prochaines années, suite à divers investissements en cours chez des producteurs actuels, afin de pouvoir répondre à une demande en croissance, à la fois des ménages mais également des entreprises.

Des taillis ou du miscanthus pour se chauffer

Pour Lucas Gossiaux, les combustibles comme le miscanthus restent minoritaires.
Pour Lucas Gossiaux, les combustibles comme le miscanthus restent minoritaires. - D.R.

L’intérêt pour la biomasse est donc croissant et il existe différents procédés de conversion de cette biomasse solide en énergie comme la pyrolyse, la carbonisation ou encore la gazéification et la combustion. « C’est clair qu’il y a un intérêt croissant pour le système d’appoint à pellets ou même la chaudière à pellets. Ça reste plus marginal pour les chaudières à bûches ou à plaquettes », explique Lucas Gossiaux, chef de projet cultures dédiées chez ValBiom, une asbl qui œuvre à la valorisation de la biomasse, et auteur, en 2018, avec son collègue Pierre-Louis Bombeck pour le Service Public de Wallonie, d’un « Panorama des filières bois-énergie et agrocombustibles en Wallonie ».

De manière générale, il existe une foule de combustibles biomasse qui diffèrent selon leur origine et leurs formes. On distingue les combustibles ligneux (bois), issus de la filière forestière, et les agrocombustibles, issus de cultures dédiées ou de sous-produits agricoles.

Pour la filière forestière, on peut citer les bûches, les plaquettes, les écorces, les copeaux de rabotage ou encore les pellets (ou granulés) ou les bûchettes densifiées. Ils sont utilisés par différents types de technologies de combustion permettant la production de chaleur comme les foyers, les inserts, les poêles ou encore les chaudières à pellets et celles à bûches. La Wallonie met à disposition un calculateur pour vous guider dans vos calculs et choisir une chaudière biomasse plutôt que fossile

A côté de cela, il y a la production d’agrocombustibles comme les taillis de saule à courte rotation ou même le miscanthus, une graminée stérile cultivée en Belgique depuis 1995. Ne demandant pas de fertilisation et peu voire pas de traitements phytosanitaires, le miscanthus permet de valoriser des parcelles à la productivité variable, mal découpées, éloignées du siège d’exploitation ou ayant besoin d’un effet de barrière anti-érosive. Il est actuellement cultivé sur près de 200 hectares en Wallonie. Ces combustibles restent cependant très minoritaires : à peine quelques dizaines de chaudières utilisent de la biomasse agricole en Wallonie.

Plus d’infos : https://tinyurl.com/5x9a5u88

Voir un témoignage d’utilisation de miscanthus par et pour un agriculteur : Chaudière et agrocombustibles: le projet gagnant d'un agriculteur à Meux - Site énergie du Service public de Wallonie

Valoriser ses haies en plaquettes bocagères

Si vous êtes agriculteur ou propriétaire terrien, peut-être avez-vous des haies ou des bandes boisées que vous pourriez valoriser en plaquettes bocagères. Ces plaquettes peuvent servir de combustible en chaudière biomasse, être utilisées comme litière d’élevage ou comme paillage horticole. Les haies les plus productives en biomasse sont généralement composées de noisetier, de charme, de saule ou encore de frêne.

Que pouvez-vous attendre comme production ? La productivité d’une haie pour le déchiquetage est très variable. Elle dépend de sa structure, de son homogénéité mais aussi des essences qui la composent, de la technique de coupe et de son âge. Attention cependant : pour réussir la valorisation, une bonne planification est importante car elle permet une production régulière dans le temps et dans l’espace, tout en considérant les aspects environnementaux et paysagers. A moins d’être bien équipé, c’est un professionnel qui viendra effectuer la récolte et le broyage.

Plus d’infos sur : https://energie.wallonie.be/fr/envie-de-placer-une-chaudiere-biomasse-un-calculateur-est-a-votre-disposition.html?IDC=9640&IDD=143237?

Et sur : https://monprojet.labiomasseenwallonie.be/thematiques/bois-energie/documents