Dans son troisième volet, «Conjuring» maintient son excellent niveau de qualité et d’horreur

Les fans de cinéma d’horreur vous le diront : les films de « The Conjuring » sont nettement supérieurs à ce qui se fait en général dans le genre. Nous allons rappeler pour quelles raisons à l’occasion de l’arrivée aux États-Unis de son troisième opus, sous-titré « The Devil Made Me Do It » (« Sous l’emprise du diable »), disponible à la fois dans les salles américaines et sur le service de streaming HBO Max.

Pour rappel, cette « saga » terrifiante s’appuie sur les activités d’un couple versé dans l’occulte qui a réellement existé : Ed et Lorraine Warren. Le premier se disait démonologue et la seconde, médium et clairvoyante. Ensemble, pendant des décennies, ils ont pratiqué bien des exorcismes et se sont occupés de plus de dix mille phénomènes paranormaux, impliquant le plus souvent des esprits tueurs. C’est évidemment l’un d’entre eux qui est au centre de ce nouveau film. Comme on le voit dans sa très secouante première séquence, un jeune garçon du nom de David Glatzel, qui a lui aussi existé, est possédé dans la maison familiale. Nous sommes en juillet 1981, à Brookfield dans le Connecticut, l’état d’où les Warren étaient originaires. Au terme d’une lutte acharnée contre l’entité maléfique qui l’habitait, l’enfant en est débarrassé, mais Ed (Patrick Wilson) est grièvement blessé et hospitalisé. L’occasion pour Lorraine (Vera Farmiga) de se souvenir avec émotion de leur rencontre, trente ans plus tôt.

Vera Farmiga et Patrick Wilson ont retrouvé leurs personnages de Lorraine et Ed Warren.
Vera Farmiga et Patrick Wilson ont retrouvé leurs personnages de Lorraine et Ed Warren. - Isopix

Peu de temps après, c’est au tour d’Arne Johnson (Ruairi O’Connor), le petit ami de Deborah, la sœur de David, d’être attaqué de l’intérieur par, semble-t-il, le même esprit diabolique. Une possession qui l’amène à sauvagement poignarder un homme à mort… Immédiatement condamné, il va pouvoir compter sur le soutien des Warren, qui tentent de convaincre une avocate qu’il a agi sous l’influence d’un démon, et est donc innocent. Commence alors pour nos spécialistes du surnaturel une investigation qui va les mener aux racines de la malédiction (avec totem sorcier et tout et tout) dont ont été victimes David et Arne, lequel est encore poussé par le malin à se suicider dans son lieu de détention.

Sans trop en révéler, on écrira simplement qu’il y a derrière tout ça une femme, liée à un prêtre, et qui va faire passer un très mauvais quart d’heure à Lorraine et Ed. Jusqu’à la libération finale… Mais Arne est quand même condamné et va passer cinq ans derrière les barreaux, où il épouse Deborah.

Même si l’horreur et le surnaturel ne sont pas votre tasse de thé, vous reconnaîtrez avec nous, après avoir vu la franchise « Conjuring », qu’elle vole bien plus haut que ce qui se fait dans le genre. Comme les deux précédents, ce film a une véritable histoire, basée (de loin) sur ce que connurent les Warren. Et puis, il n’envoie pas à la tête des scènes de terreur toutes les cinq minutes, simplement pour justifier son rôle. Ici, rien n’est gratuit, et tout est justifié. Enfin, la réalisation est de grande qualité, avec une photographie très léchée, des scènes incroyables qui font tressauter et un jeu hallucinant sur les sons, la musique et les silences, abrupts, parfois. Lesquels rendent cette fiction assez unique.

On le rappelle : David Glatzel est bien de ce monde et, à 11 ans, fut sujet à des crises d’hallucination et de démence. De 1979 à 1982, les choses s’aggravèrent encore, causant un vrai traumatisme dans la famille. Des prêtres catholiques et autres guérisseurs, dont les Warren, semble-t-il, parvinrent à le soulager des nombreux démons qui auraient ensuite poussé Arne Johnson, le petit ami de sa sœur, a poignardé à mort son propriétaire. Le procès de celui-ci eut lieu à Danbury.

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