Attentats de Paris: la salle d’audience est prête pour le procès

La salle pourra accueillir 500 personnes.
La salle pourra accueillir 500 personnes. - AFP

L’AFP a pu visiter l’immense salle bâtie de toutes pièces et posée dans la salle des pas perdus de l’historique palais de justice de Paris, sur l’Île de la Cité. Elle pourra ensuite abriter d’autres grands procès, mais a vocation à être déconstruite dans quelques années.

C’est là qu’à partir du 8 septembre seront jugés sous très haute surveillance les 14 accusés présents, dont Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos qui ont frappé Paris et la localité de Saint-Denis en banlieue, faisant 131 morts et des centaines de blessés sur les terrasses de bar, dans la salle de spectacle du Bataclan, et au Stade de France.

Le procès doit durer environ huit mois.

La salle mesure 45 mètres de long et 15 mètres de large. Devant les magistrats de la cour d’assises spéciale, des pupitres garnis de longs micros permettront à 24 avocats de la défense d’un côté, 42 de la partie civile en face, de s’installer.

Les 11 accusés qui comparaissent détenus prendront place dans un long box unique et vitré, largement entourés de gendarmes. Les trois qui comparaissent libres seront installés sur des chaises ou strapontins devant eux. En face d’eux, les trois magistrats du parquet national antiterroriste (Pnat).

Ensuite, dans la longueur de la salle face à la Cour, des dizaines de rangées de bancs de bois clair, flambant neufs, ont été installées le long d’un couloir central, pour accueillir le reste des plus de 300 avocats attendus, ainsi que des parties civiles et des journalistes.

Au total, la salle peut accueillir 550 personnes. Les parties civiles, les journalistes et le public pourront également suivre les débats depuis une quinzaine de salles de retransmission disponibles dans le palais.

Dans la salle très moderne, les colonnes de l’historique palais de justice sont visibles, ainsi que des statues qui n’ont pas été déplacées, et apparaissent derrière des écrans vitrés.

Une horloge a été accrochée au mur. Ne reste plus qu’à installer, au-dessus de la cour, la traditionnelle balance de la justice qui veillera sur les débats.

Attentat de Nice: le procès prévu l’an prochain, à Paris aussi

Les dates de ce procès, qui se tiendra devant la cour d’assises spéciale de Paris après l’audience-fleuve des attentats du 13 novembre 2015, ont été communiquées à tous les avocats du dossier.

Le 14 juillet 2016, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans vivant à Nice, avait foncé avec un camion sur la foule rassemblée en bord de mer sur la Promenade des Anglais à l’occasion de la fête nationale. 86 personnes de 19 nationalités différentes, dont une douzaine d'enfants, avaient été tuées.

Mohamed Lahouaiej Bouhlel ayant été tué au volant de son camion par des policiers, la cour d’assises spéciale examinera les responsabilités de huit autres personnes, membres de son entourage ou intermédiaires impliqués dans le trafic d’armes qui lui étaient destinées.

Les trois principaux accusés, Chokri Chafroud, Ramzi Arefa et Mohamed Ghraieb, doivent être jugés pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle». Pour les cinq autres suspects, dont une femme, impliqués dans le circuit des armes, les investigations n’ont pas pu démontrer qu’ils avaient eu connaissance du projet d’attentat. La qualification terroriste a donc été écartée et ils seront jugés pour des infractions de droit commun.

Au moins 865 personnes ou associations – Mémorial des Anges, Promenade des Anges, Life for Nice, Fenvac – se sont constituées parties civiles en vue du procès de cette attaque qui avait suscité une émotion internationale.

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