Abonnez-vous pour 1€

Du changement dans tous les magasins belges: le ministre des Finances souhaite que le paiement électronique soit possible partout

Du changement dans tous les magasins belges: le ministre des Finances souhaite que le paiement électronique soit possible partout
Belga image

Il s’agit d’une des mesures du plan de lutte contre la fraude du ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), évoqué dans Het Laatste Nieuws, De Morgen et La Libre Belgique jeudi. «Le cash reste un moyen de paiement, les consommateurs auront juste plus de choix», assure le ministre.

«Aux Pays-Bas, un tiers des opérations sont en cash, contre près de deux tiers en Belgique. Il faut réduire le fossé, mais cela ne veut pas dire qu’on veut interdire le cash. On veut d’abord s’assurer que les opérations électroniques soient possibles partout, y compris dans les petits commerces», a expliqué le ministre à La Libre Belgique. «Cela demandera d’ailleurs peut-être des investissements en infrastructures. Mais réduire le cash est clairement un objectif, ce qui ne passera pas forcément par un relèvement important des limites des paiements sans contact.»

Dans les prochaines semaines, le ministre se concertera avec les organisations d’indépendants, Febelfin (Fédération belge du secteur financier) et les plateformes de paiement au sujet de cette prochaine obligation pour chaque commerce de proposer au moins un moyen de paiement électronique. Via communiqué, il développe jeudi sa proposition: il ne s’agit pas d’imposer un terminal de paiement Bancontact, cela pourra aussi être une solution de paiement par smartphone, par exemple.

« On ne veut pas interdire le cash »

Le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) a d’ores et déjà réagi avec inquiétude. "Cela ne peut pas être imposé aux commerçants tant qu’ils sont les seuls à supporter tous les coûts des paiements électroniques» (coût d’un terminal + frais de transaction). «Tous les ’stakeholders’ (banques, consommateurs, fournisseurs de terminaux et gestionnaires de transactions) doivent» alors «participer aux coûts», prévient le syndicat. Chaque solution de paiement a par ailleurs des coûts différents, prévient le SNI. «Pourquoi ne pas obliger les prestataires de services de solutions de paiement à faire connaître leurs prix et formules aux pouvoirs publics de manière transparente, afin que via un système transparent - par exemple via un simulateur ou une appli - les entrepreneurs puissent s’y retrouver dans tout l’éventail des possibilités et des prix, par analogie avec le marché de l’énergie?"

Le plan de lutte contre la fraude comporte 29 mesures en tout, et a été avalisé lundi en Conseil des ministres. Il repose entre autres sur une meilleure collaboration entre les différents départements en charge de la lutte contre la fraude (comme l’Inspection spéciale des impôts), ainsi que la justice et la police, par exemple.

Toujours dans le plan de lutte contre la fraude figure une modernisation des «boîtes noires» dans l’horeca, avec un monitoring digital. Une prévention accrue de la fraude sociale et fiscale sur les grands chantiers d’infrastructure est aussi prévue, et une nouvelle méthodologie de contrôle pour les plateformes d’économie collaborative.

Le ministre annonce par ailleurs un «screening intensif» de la Banque carrefour des entreprises pour détecter et fermer les entreprises «fantômes», qui peuvent être utilisées par les fraudeurs. L’usage de caméras ANPR (caméras à reconnaissance de plaque) pour distinguer les citoyens qui refusent d’honorer des dettes (fiscales ou non) devrait bientôt être possible, ce qui fait aussi partie du plan.