Eden Hazard peut-il être à son meilleur niveau durant l’Euro? «Je pense qu’il le sera, mais pas au début du tournoi», selon Vincent Langendries

Eden Hazard peut-il être à son meilleur niveau durant l’Euro? «Je pense qu’il le sera, mais pas au début du tournoi», selon Vincent Langendries
Archives personnelles Vincent Langendries

Eden Hazard sera l’un des joueurs dont les performances seront les plus scrutées durant cet Euro, alors qu’il vient de vivre deux années difficiles au Real Madrid et qu’il a accumulé les blessures…

Il a connu une saison malchanceuse comme il l’a dit en conférence de presse. J’aurais même envie de la qualifier de pourrie. Il a accumulé plus de 300 jours d’absence en moins de deux ans. Or, Eden est un joueur qui se bonifie au plus il joue de matchs.

Peut-il malgré tout être à son meilleur niveau durant l’Euro ?

Je pense qu’il le sera, mais pas au début du tournoi. On verra peut-être un grand Hazard à partir des huitièmes de finale, fin juin.

Vous le connaissez bien… depuis qu’il est enfant ! Comment l’avez-vous rencontré ?

J’habite depuis 25ans à Braine-le-Comte, où réside la famille Hazard. J’ai fait la connaissance de Thierry, le papa d’Eden, au début des années 2000. Il a été le premier entraîneur de mon fils Romain, lorsque je l’ai inscrit à 6ans au Football Club de Tubize. Thierry est un formidable formateur. On a tout de suite sympathisé. Eden et Thorgan étaient aussi au FC Tubize à la même époque, tout comme Kylian, le troisième frère. La première fois que j’ai vu Eden jouer, il n’y avait qu’un joueur sur le terrain : lui ! C’était phénoménal ce qu’il arrivait à faire avec un ballon à 12ans.

Qu’est-ce qui le rend aussi exceptionnel ?

Eden, c’est l’insouciance faite de génie. Dès qu’il a le ballon dans les pieds, on a le sentiment qu’il va faire quelque chose d’inattendu. Il est devenu un poison pour n’importe quelle défense.

Quel genre d’homme se cache derrière le joueur ?

C’est quelqu’un d’une humilité sans faille, très attaché à des valeurs que je partage aussi : la famille, le respect, la politesse. Il n’a qu’une parole. Et il a un vrai sens de l’amitié. Il a également toujours le sourire. Je l’ai rarement vu avec la tête des mauvais jours, même après une défaite. Ce qui lui a parfois été reproché d’ailleurs. Mais il arrive très vite à relativiser. Il est capable de dire que ce n’est que du foot. Il le doit aussi à l’équilibre mental qu’il a trouvé très tôt dans sa vie, en étant papa à 19 ans et en se mariant avec Natacha, qui était sa première petite amie, qu’il a rencontrée à 14 ans. Il aime toujours conduire ses enfants le matin à l’école. Tout ça fait de lui un mec bien, je dirais même normal. Je ne peux pas dire ça de beaucoup de gens dans le milieu du foot. Il n’a jamais pris la grosse tête. Il est cool. Quand je suis au bord du terrain, il n’hésite pas à faire 20 mètres de détour pour venir me saluer et demander des nouvelles de la famille. Ça le résume assez bien.

Vous arrivez à rester objectif lorsque vous commentez un match avec Eden ?

Bien sûr, ça fait partie de mon métier. Je suis journaliste, j’ai une crédibilité à conserver. Si je le défends alors qu’il s’est planté, je ne serais plus crédible. Je dois être le plus objectif possible. Quand Eden n’est pas bon, je suis le premier à le lui dire à l’interview d’après-match. Et il le sait quand il n’a pas été à la hauteur. Il est très autocritique. Mais de manière générale, quand on aime le foot, on ne peut qu’aimer Eden Hazard.

L’intégralité de l’interview avec Vincent Langendries est à lire dans le Ciné-Télé-Revue de cette semaine.

« Belgique/Russie », samedi 12 juin, 20h50, La Une

Notre sélection vidéo