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Plus de 500.000 euros détournés via des factures falsifiées

Des fausse factures.
Des fausse factures. - Photo News.

Le tribunal correctionnel d’Eupen s’est penché lundi sur un important dossier d’escroqueries. Pas moins d’une septantaine de prévenus était citée à comparaître.

Il leur est reproché d’avoir pris part, plus ou moins activement, à un grand nombre d’escroqueries, sur base de factures falsifiées.

Munis de clés de boîtes aux lettres postales volées, les prévenus principaux les ont vidées de leur courrier, avant de falsifier les factures qui s’y trouvaient en modifiant le numéro de compte bancaire vers lequel devait être effectué le virement.

Un vaste réseau avait été établi et de nombreuses personnes avaient accepté de mettre leur compte à disposition afin d’y faire transiter de l’argent, contre une rémunération.

La période infractionnelle s’étend du 1 janvier 2015 au 31 décembre 2017. Durant ces trois années, plus de 500.000 euros ont ainsi été détournés. Les prévenus principaux, originaires de Liège et Bruxelles, sont poursuivis pour vols avec effraction, violation du secret des correspondances, falsification de documents, escroqueries et tentatives d’escroquerie.

Démasqué lors d’un contrôle routier

Le tribunal correctionnel d’Eupen est saisi de ce dossier car, lors d’un contrôle routier dans le chef-lieu de la Communauté germanophone, les policiers ont mis la main sur un sac de courriers dérobé dans le coffre d’un véhicule contrôlé. C’est ainsi que l’enquête a débuté.

Ce lundi matin était consacré à l’instruction d’audience et à l’audition des protagonistes présents, tandis que le réquisitoire de la substitut du procureur du Roi s’est déroulé l’après-midi.

Les personnes qui ont mis leur compte à disposition ont, pour beaucoup, produit un discours plus ou moins similaire. Elles expliquent, pour la majorité, avoir fait confiance à une personne rencontrée il y a peu ou au contraire avoir été contactée par un ami qui leur a demandé de mettre leur compte à disposition. Les prévenus expliquent tous avoir été crédules et ne pas s’être interrogés quant à la provenance de l’argent malgré l’importance des sommes, ou ne pas avoir vérifié la provenance de ces virements alors qu’ils attendaient de l’argent.

Autre similitude, les différents protagonistes n’ont pas été en mesure de fournir les indications permettant d’identifier l’ami ou la connaissance à qui ils ont fourni leur numéro de compte.

Certains prévenus expliquent avoir perdu leur carte bancaire et avoir été informés des transactions frauduleuses par la police, lors de leur audition.

Des déclarations qui n’ont pas convaincu le ministère public. Au terme d’un réquisitoire détaillé de près d’une heure trente, la magistrate en est arrivée à la conclusion que la quasi totalité des préventions peuvent être établies à charge des prévenus, en ce compris l’association de malfaiteurs.

Elle réclame pour ces faits des peines de quatre ans et quatre ans et demi de prison à l’encontre des deux prévenus que l’enquête a permis de désigner comme les leaders de cette organisation.

Pour les quatre intervenants à l’échelon inférieur, elle a requis des peines de 3 et 2 ans d’emprisonnement. Les huit personnes considérées comme des intermédiaires encourent une peine de 18 mois. Tous les autres prévenus sont considérés par le ministère public comme étant des mules. La magistrate a réclamé à leur encontre une peine de 12 mois de prison, sans toutefois s’opposer à une peine de travail d’un minimum de 150 heures.

Les plaidoiries de la défense sont prévues ce jeudi et le tribunal rendra son jugement le 28 juin.

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