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Signes convictionnels: la décision du gouvernement bruxellois hypothèque la neutralité de l’Etat, selon Georges-Louis Bouchez

Signes convictionnels: la décision du gouvernement bruxellois hypothèque la neutralité de l’Etat, selon Georges-Louis Bouchez
Belga

« Sur le principe, il s’agit d’une décision totalement incompréhensible, car cela signifie que le gouvernement Vervoort se range derrière le jugement du tribunal du travail reprochant à la STIB de pratiquer la discrimination alors que celle-ci a été reconnue pour ses efforts de lutte en la matière », a commenté le président du parti libéral francophone, interrogé par Belga.

Pour celui-ci, l’exécutif bruxellois a par ailleurs pris pour orientation de « privilégier le communautarisme » et de « balayer le principe de la neutralité de l’Etat » en introduisant « un cheval de Troie » à travers les balises qu’il pose pour le futur règlement de travail de l’entreprise.

M. Bouchez a ainsi fait allusion au fait que le gouvernement bruxellois opte pour l’autorisation de signes convictionnels dans l’exercice de certaines fonctions et pas dans d’autres au sein de la même entreprise publique ou administration. A ses yeux, cette situation est propice à des recours « et à terme, c’est la fin de la neutralité de l’Etat qui se profile ».

Le président du MR exige le débat et l’adoption sans délai de la proposition d’ordonnance déposée par le MR au usjet de la neutralité dans la fonction publique bruxelloise.

Il s’en est enfin pris aux présidences d’Ecolo et du PS qui laissent, selon lui, Bruxelles évoluer en toute autonomie dans ce dossier, avec la « complicité de DéFI ».

« De notre côté, nous mettrons tout en place pour contester cette direction prise contre le principe de la neutralité de l’Etat, a-t-il enfin dit.

Vervoort doit poser la question de la confiance aux députés de la majorité, selon le cdH

Pour le groupe démocrate et humaniste, la décision du gouvernement bruxellois de ne pas aller en appel du jugement condamnant la STIB pour discrimination est infiniment «regrettable pour une entreprise publique qui avait le droit d’épuiser les voies de recours pour faire valoir son engagement sur les questions de diversité et son honorabilité».

Aux yeux du cdH, le gouvernement Vervoort se sera «déchiré durant plusieurs semaines pour au final déshabiller son partenaire DéFI qui n’aura cessé de clamer que le recours était incontournable à ses yeux».

«Après un tel tour de force à son égard, il apparaît pour le cdH bruxellois que la question de la confiance doit être posée par Rudi Vervoort aux députés de sa majorité», a encore fait valoir le groupe cdH.

Egalement dans l’opposition, le PTB s’est quant à lui félicité «pour la plaignante», du fait que la la STIB n’ira pas en appel du jugement. La formation d’extrême gauche s’est toutefois dite déçue que la gouvernement demande à la STIB de modifier son règlement de travail «pour continuer à discriminer dans certaines fonctions».

Le député PTB Youssef Handichi estime que la contrepartie de ne pas aller en appel est qu’on va continuer à exclure les femmes portant le voile des fonctions à responsabilité et en contact avec le public. «Le principe que nous défendons est que la neutralité passe par les actes et le service qui est vraiment rendu au public, pas par des signes extérieurs», a-t-il précisé.

Du côté de la majorité parlementaire, le député one.brussels-Vooruit Fouad Ahidar s’est dit heureux que le gouvernement ait tenu compte de sa demande de ne pas aller en appel du jugement. «Non seulement c’est jouer avec l’argent des impôts des Bruxellois.es, mais cela montre aussi un manque de volonté de la part de la STIB d’admettre qu’elle a tort et d’être ouverte à l’amélioration de ses services, y compris dans le back-office. La neutralité inclusive doit toujours prévaloir. Il s’agit du service qui est fourni et non du choix religieux d’un individu», a-t-il commenté.

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