Rebondissement dans l’affaire Delphine Jubillar, infirmière disparue dans le Tarn: son mari Cédric mis en examen pour «meurtre aggravé»

Rebondissement dans l’affaire Delphine Jubillar, infirmière disparue dans le Tarn: son mari Cédric mis en examen pour «meurtre aggravé»

Cédric Jubillar a été mis en examen vendredi pour « meurtre aggravé », six mois après la disparition de son épouse, Delphine Jubillar, 33 ans, une infirmière du Tarn et mère de leurs deux enfants.

Placé en garde à vue mercredi, il a été déféré dans la matinée devant un juge d’instruction au palais de justice de Toulouse. Le procureur de Toulouse doit donner une conférence de presse vers 16h00.

« A ce stade du dossier, sans corps, sans connaître les origines d’un décès dont on ignore jusqu’à la réalité, retenir une intention homicide est ahurissant », a dénoncé Jean-Baptiste Alary, l’avocat de Cédric Jubillar.

Interrogé sur d’éventuels aveux pendant sa garde à vue, une source proche de l’enquête a dit à l’AFP que le peintre-plaquiste avait « maintenu ses déclarations malgré de longs interrogatoires. Et dément toute implication dans la disparition de sa femme ».

« Les auditions se sont terminées vers 03H00 du matin (vendredi) », a confié à l’AFP son avocat, Me Alary.

Mercredi, Cédric Jubillar, sa mère et son beau-père avaient été placés en garde à vue, des incohérences ayant été relevées entre différents témoignages. Mais la mère et le beau-père ont été relâchés, selon le procureur.

Cédric Jubillar avait signalé aux gendarmes la disparition de la mère de ses deux enfants de 2 et 6 ans dans la nuit du 15 au 16 décembre à Cagnac-les-Mines, près d’Albi. Le couple était en instance de divorce.

Éléments de téléphonie

Selon la version du mari, Delphine Jubillar est sortie de la maison le 15 décembre vers 23H00 pour promener leurs deux chiens, en plein couvre-feu, vêtue d’une doudoune blanche et avec son téléphone portable. Les chiens seraient revenus à la maison sans elle, selon le mari.

Réveillé vers 04H00 par les pleurs de leur fille, Cédric Jubillar se serait alors rendu compte de l’absence de son épouse et aurait téléphoné à des amies de cette dernière, habitant le village, pensant qu’elle pouvait se trouver chez l’une d’elles. Il a ensuite appelé la police.

Ces derniers jours, des médias ont révélé des éléments de téléphonie qui auraient fait avancer l’enquête de la section de recherche de la gendarmerie de Toulouse : une photo d’elle en tenue de nuit envoyée par Delphine Jubillar à son amant le 15 décembre au soir, et une capture d’écran de l’amant retrouvée dans le téléphone de Cédric Jubillar.

Quelques jours après la disparition de son épouse, Cédric Jubillar avait pris part à une battue citoyenne réunissant un millier de personnes. Samedi 12 juin à Albi, il a participé à une marche en hommage à l’infirmière, organisée par ses collègues de la Clinique Claude-Bernard. Discrètement.

Il marchait loin derrière les amies de son épouse qui portaient une banderole « Delphine, on ne t’oublie pas ». Casquette, lunettes de soleil, masque, il était accompagné de son fils aîné de 6 ans.

Cédric Jubillar avait été entendu fin avril en tant que partie civile (victime) par les magistrates en charge de l’enquête ouverte pour enlèvement et séquestration.

Récemment, le peintre-plaquiste s’était affiché sur son compte Facebook en compagnie de sa nouvelle compagne.

Le procureur Alzeari a souligné mercredi le travail des gendarmes de la Section de recherche de Toulouse qui ont mené « six mois d’enquête intense, des investigations multiples et complexes ».

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