Kari Ukkonen, ex-international finlandais, évoque la bonne dynamique de son pays: «On est difficile à battre!»

Ukkonen sous le maillot d’Anderlecht.
Ukkonen sous le maillot d’Anderlecht. - Photo News

Ayant travaillé à différents échelons de la Fédération – il est actuellement responsable de la formation des entraîneurs de haut niveau –, Kari Ukkonen a contribué à l’essor du foot finlandais ces dernières années. Une sélection nordique qui tentera d’accrocher une place en huitièmes face à la Belgique. Un pays qu’Ukkonen connaît très bien…

Kari Ukkonen, avez-vous été surpris par les deux premiers matchs de la Finlande ?

Pas vraiment. Bien sûr, on découvrait un grand tournoi mais on est sur une bonne dynamique suite à notre qualification pour l’Euro et la Nations League. On connaît notre système de jeu organisé et nous sommes difficiles à battre. Le premier match contre le Danemark a été évidemment très particulier. Il n’y avait pas de bonne solution concernant la suite du match. Mais, si on peut s’exprimer de la sorte, on était content du résultat. Par contre, on a été déçu de la défaite face à la Russie. Il y avait sans doute mieux à faire.

Êtes-vous optimiste pour une qualification en huitièmes de finale ?

J’ai toujours envie de voir le verre d’eau à moitié rempli plutôt qu’à moitié vide. Une qualification est toujours possible et j’ai de l’espoir.

Il y a un fait surprenant dans ce tournoi côté finlandais : Teemu Pukki n’a pas encore marqué…

C’est vrai. Il représente pourtant ce qui nous manquait par le passé pour nous qualifier : un attaquant qui marque dans les moments importants. Une sélection a toujours besoin d’un tel profil et on est très heureux d’avoir Teemu. C’est un vrai finisseur. À titre de comparaison, la Suède n’a jamais eu ce genre de problème avec dans ses rangs des éléments comme Ibrahimovic ou Svensson. À certaines périodes, on avait un manque à ce niveau-là. Mais, ce qui est important, avec Pukki, c’est qu’il n’est pas seulement un buteur. Il travaille beaucoup pour le collectif. Il court, il presse et tacle les défenseurs. Il est très apprécié pour cela dans le noyau.

«La Belgique? Un favori de l’Euro»

Que pensez-vous de la Belgique ?

La Belgique est en tête du ranking mondial et une équipe très difficile à battre. Il suffit de regarder toutes les données de leurs dix derniers matchs. C’est impressionnant tant en termes d’occasions de but, de reconversions ou d’occasions laissées aux adversaires. C’est clairement un favori pour la victoire finale avec des joueurs qui évoluent dans les plus grands clubs européens. Il n’y a pas photo avec les clubs fréquentés par les Finlandais. Mais c’est tant mieux finalement. On espère jouer contre l’équipe belge la plus forte possible. C’est de cette manière que vous ressortez le meilleur de vous-même.

Est-ce qu’un joueur vous impressionne chez les Diables ?

Quand vous voyez la liste, il y en a beaucoup… Il est difficile d’en ressortir un par rapport aux autres quand vous avez Courtois, De Bruyne, Eden Hazard ou Lukaku.

4 Coupes avec 3 clubs différents

S’il a pu goûter au professionnalisme durant son long passage en Belgique, Kari Ukkonen a surtout rempli son armoire à trophées lors de son passage dans nos contrées : il a remporté quatre Coupes de Belgique avec trois clubs différents. Il a d’abord soulevé la Coupe avec le Cercle (1985), puis avec Anderlecht (1988 et 1989) et enfin avec l’Antwerp (1992). « Mes meilleurs souvenirs en Belgique sont liés aux finales jouées avec le Cercle », se souvient l’ancien médian finlandais. « J’en ai gagné une et perdu une autre contre le FC Bruges (1986). Cela m’a permis de découvrir la Coupe d’Europe. »

Ce n’est pas l’unique bon moment passé par Ukkonen en Belgique. « J’ai apprécié ma saison à Lokeren », mentionne-t-il. « On avait une jeune et belle équipe. Une belle bande de potes. Aimé Anthuenis avait œuvré à cela toute la saison ».

«Le Cercle, c’était l’idéal»

Si c’est aujourd’hui monnaie courante suite à l’arrêt « Bosman », l’arrivée de joueurs étrangers en Belgique se faisait au compte-gouttes dans les années 80. Mais l’histoire de Kari Ukkonen aurait clairement pu s’écrire aujourd’hui. « J’avais affronté Bruges en Coupe d’Europe avec mon club de Kups », se remémore Ukkonen. « Mon club avait des connexions avec la Belgique et j’avais très envie de goûter au foot professionnel. J’ai obtenu un test à Gand qui jouait les places européennes. C’était très difficile pour moi de me faire une place et je suis reparti en Finlande. »

Mais l’histoire de l’ex-international aux 59 sélections ne s’arrête pas là. « Je ne sais pas trop comment mais le Cercle a pris contact avec moi. J’ai joué avec la deuxième équipe puis on a été en Finlande pour que les deux clubs négocient mon transfert. Le Cercle, c’était idéal parce qu’il y avait de l’expérience pour s’occuper de jeunes étrangers, comme l’Islandais Saevar Jonsson avec qui je suis rapidement devenu ami. »

Notre sélection vidéo