La Terrasse 02 accusée de racisme: ils auraient été refusés à l’entrée à cause de leur couleur de peau

La Terrasse 02 est à Uccle.
La Terrasse 02 est à Uccle. - Belga

Paul Newman, entrepreneur dans le domaine du cigare, a été en contact avec la Terrasse O2, à Uccle, pour tenter de mettre en place une collaboration. Dans une vidéo postée sur Instagram et visionnée près de 60.000 fois, il décrit des faits de racisme qui se seraient produits à l’entrée de l’établissement ucclois.

« Des Noirs arrivent à l’entrée de la terrasse et on leur dit que le parking est full alors qu’il n’est pas full. (…) Ils font demi-tour pour aller se garer ailleurs. Derrière, on laisse rentrer des voitures où il y a des blancs. » Ces faits se seraient produits à plusieurs reprises, à lire les commentaires suscités par son témoignage.

Deuxième élément : des clients noirs qui avaient réservé, dont le nom était sur la liste, qui avaient reçu un QR code et qui respectaient le dress code se seraient vus refuser l’entrée au prétexte que leur nom avait disparu de la liste.

Troisième fait : « J’arrive avec des amis qui sont super bien habillés. Deux Noirs. Les portiers nous voient arriver. Ils me reconnaissent. Il y en a un qui tire la barrière et qui me dit : « Est-ce que je peux te parler sur le côté ? » et il remet la barrière derrière moi pour que les deux autres ne rentrent pas. » Les portiers lui auraient déclaré ouvertement que ce sont les personnes qu’il ramène qui pose problème. « Ce sont des personnes qui ne sont pas des habitués. (…) Essaie de ramener des habitués. »

Le portier aurait ainsi sous-entendu que les Noirs et les Arabes n’étaient pas les bienvenus. Sous le choc, l’entrepreneur aurait parlé au propriétaire qui lui aurait alors répondu : « Regardez mes employés. Dans ma cuisine, il y a des Noirs et des Arabes. » Suite à ces incidents et ces propos, Paul Newman a décidé de ne plus travailler avec l’établissement ucclois. « Moi, en tant que Noir, je ne peux accepter de faire des affaires avec des gens qui délibérément ne se cachent pas d’être racistes. »

« Victimisation », « buzz »

Du côté de la Terrasse, on présente une version totalement différente des faits. « L’incident à caractère prétendument raciste est une polémique indigne, lancée par des personnes visiblement en manque de notoriété, et qui, sur fond de victimisation, entendent faire le buzz à bon compte. Nous ne souhaitons pas commenter leurs allégations car ce serait leur donner du crédit. Or, nous ne voulons pas accorder du crédit au mensonge, à l’insulte, la mauvaise foi et à la manipulation. Que les choses soient claires : les actes racistes sont des délits condamnables par la justice. Si racisme il y a eu, alors qu’ils saisissent la justice. Que la justice fasse une enquête, qu’elle fasse éclater la vérité. Mais nous n’accepterons pas un jour de plus de subir les attaques, les intimidations ou les menaces qui visent désormais l’intégrité physique de nos équipes. Depuis 17 ans, la Terrasse O2 est connue pour être un lieu de convivialité, d’ouverture, de tolérance et, surtout, de partage accessible à tous. »

Les accusations de racisme ont également été proférées par d’autres utilisateurs de réseaux sociaux. Suite à ces déclarations, les employés de la Terrasse ont reçu des menaces de mort, nous apprend la direction. Des individus ont également menacé de mettre le feu à l’établissement.

Contacté par la Dernière Heure, Denis Van Praet, propriétaire de l’établissement, s’inscrit en faux avec l’idée qu’il puisse y avoir des faits de racisme à la Terrasse. « Si des choses ont été mal faites, je vais investiguer et la clarté doit être faite », déclare-t-il, précisant qu’une réunion est organisée avec le chef de la sécurité.

La question au parlement

Le député Kalvin Soiresse Njall (Ecolo) va porter la question du délit de faciès devant le parlement bruxellois. « En prenant comme exemple l’incident qui s’est passé à la Terrasse et le témoignage de Paul Newman. L’idée est de parler du délit de faciès dans certains établissements et de tous les subterfuges qui sont avancés pour refuser certains profils qui ont des caractéristiques socioculturelles bien précises. Mon interrogation porte sur ce que la secrétaire d’État à l’Égalité des chances [Nawal Ben Hamou, PS] fait vis-à-vis des tenanciers de ces établissements en termes de sensibilisation, d’inclusivité et de dialogue, mais aussi par rapport à ces faits qui font l’objet de témoignages. On parle beaucoup de la police mais c’est aussi un phénomène qui existe au niveau de certains établissements comme des boîtes de nuit. J’en ai moi-même été victime avant d’entrer en politique. »

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