Abonnez-vous pour 1€

Pollution à Zwijndrecht: De Wever réagit, «La santé publique est prioritaire dans chaque dossier»

Pollution à Zwijndrecht: De Wever réagit, «La santé publique est prioritaire dans chaque dossier»
Belga

Le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (N-VA) a affirmé que «la santé publique est prioritaire dans chaque dossier», lors d’une séance du conseil communal de la Ville lundi soir dédiée au dossier de la pollution au PFOS. Il a jouté que le chantier de mobilité Oosterweel en province d’Anvers, qui a mis à jour la pollution industrielle à Zwijndrecht, est «une partie de la solution».

M. De Wever a affirmé que la pollution au PFOS liée à l’usine 3M, qui s’est répandue à Zwijndrecht, n’était «pas un secret» mais au contraire était connue de tous depuis des années. Toutefois selon le mayeur, la communication à l’adresse du conseil communal en 2017 ne faisait pas mention de risques pour la santé. «S’il avait été signalé dans ces documents que la santé était compromise, personne n’aurait pu m’empêcher de communiquer à ce sujet, et je suis sûr que c’est le cas aussi pour les autres personnes impliquées», a-t-il fait part. «Mais il était écrit noir sur blanc qu’il n’y avait pas de conséquence pour la population humaine».

Le nationaliste flamand doute que le conseil communal de Zwijndrecht, emmené par un bourgmestre écologiste, n’ait pas été informé. «La commission d’enquête va mettre au jour qui a transmis quoi et quand à qui».

«Je n’aime pas être traité de menteur», a encore pointé M. De Wever, qui a reproché aux partis de l’opposition de jouer «les prophètes du passé. «Vous affirmez en fin de compte qu’avec les normes actuelles nous aurions dû intervenir par le passé».

«Si on doit envisager des normes ou mesures en Wallonie, on le fera»

En Wallonie, «on verra, sur base du cadastre, si on doit prendre des mesures particulières sur les Pfos et les Pfas. Si on doit envisager des normes ou d’autres mesures, on le fera», assure mardi dans Le Soir la ministre wallonne de l’Environnement Céline Tellier, en réaction à l’affaire de pollution autour du site 3M de Zwijndrecht, en Flandre.

Elle affirme avoir demandé à son l’administration de faire un rapport complet sur le sujet. «On sait déjà qu’en Wallonie les entreprises produisant des substances analogues à celles de 3M n’émettent pas de substances perfluorées. C’est rassurant. Mais nous restons vigilants, nous allons faire une analyse plus approfondie afin de voir si elles n’émettent pas d’autres substances qui seraient éventuellement problématiques», explique-t-elle.

Certaines entreprises ne produisent pas de Pfos ou de Pfas - des perturbateurs endocriniens (PE) potentiellement néfastes pour l’environnement et la santé - mais elles en utilisent. «Nous allons mener une analyse détaillée de tous les permis d’environnement de ces industries, afin de découvrir d’éventuels éléments problématiques», ajoute la ministre.

Vu que les Pfas sont des polluants persistants, elle a aussi demandé à l’administration, à l’Issep (institut scientifique) et à la Spaque (chargée de la réhabilitation des sites industriels) «de se pencher sur l’historique des activités qui en ont fait usage», poursuit encore Mme Tellier.

Sur le plan de la santé, un biomonitoring donnera bientôt des indications sur l’exposition de la population wallonne à un certain nombre de polluants. Les Pfas seront inclus dans la seconde phase de cette surveillance sanitaire.

Plus globalement, dit Mme. Tellier, «les Pfas et les Pfos sont un peu l’arbre qui cache la forêt. Ce n’est qu’une catégorie de substances chimiques problématiques qui contiennent potentiellement des perturbateurs endocriniens. Aujourd’hui, ce sont les Pfas et les Pfos qui font la une de l’actualité. Il y a quelques années, ce fut le bisphénol A. Demain, ce sera peut-être autre chose (...). Aujourd’hui certains semblent découvrir le problème. Mais cela fait 20 ans que les scientifiques alertent sur l’enjeu des perturbateurs endocriniens! Clairement, il faut que l’industrie ne se sente pas libre de pouvoir mettre sur le marché ou d’utiliser des substances présentant des risques potentiels identifiés par les scientifiques. On doit être beaucoup plus ferme par rapport à cela. Et en aval, lorsqu’il y a une pollution, le principe pollueur-payeur qui doit s’appliquer», pointe la ministre.

Notre sélection vidéo