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Plan de relance: les pouvoirs locaux s’interrogent sur leur capacité à participer à la relance

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Image d’illustration - Belga

Malgré la pandémie de Covid-19, les pouvoirs locaux en Wallonie et à Bruxelles conservent une capacité de financement et présentent un niveau d’endettement réduit, s’élevant à quelque 5 % de l’ensemble de la dette publique belge, annonce la banque Belfius dans son étude Finances locales 2021 présentée mardi. Les gestionnaires locaux s’interrogent toutefois sur leur capacité à participer à la relance, selon un sondage effectué par la banque publique.

Différents plans de relance sont à présent sur la table tant au niveau fédéral que régional (plan de relance fédéral, plan national énergie-climat, plan régionaux logements, etc). Au-delà de ces plans, l’objectif affiché par le gouvernement fédéral est d’atteindre un taux d’investissement public de 3,5 % du PIB en 2024 et de 4 % en 2030. Quelque 30 à 35 % de ces investissements proviennent des pouvoirs locaux, soit une augmentation totale attendue de 2,15 milliards d’euros d’ici 2024. Selon le sondage réalisé par Belfius, les gestionnaires communaux (Wallonie-Bruxelles) se disent très impliqués dans la contribution de leur institution à la relance. Dans une première phase, les axes d’action prioritaire concernent davantage la reprise de l’économie locale (soutien des commerces, de l’Horeca, des activités culturelles et sportives, le renforcement de l’aide sociale ?). À moyen terme, les gestionnaires communaux envisagent des investissements favorisant la transition environnementale et numérique (tels que la rénovation énergétique des bâtiments publics, le renforcement de la mobilité douce, la digitalisation des services communaux ?). Dans les budgets 2021, Belfius constate déjà, surtout en Wallonie, un niveau d’investissement supérieur à ce qui était effectué ces dix dernières années.

« Il s’agit maintenant de passer à l’action et de construire leur opérationnalisation notamment au travers d’actions concrètes au niveau local. Par conséquent, aujourd’hui encore plus qu’hier, il est nécessaire de prévoir une coordination efficace et d’avoir une vision à long terme des divers programmes d’investissement parmi les différents niveaux de pouvoirs publics pour permettre leur diffusion à l’ensemble des communes du pays », a conclu Arnaud Dessoy, responsable des « Etudes Public Finance et Social Profit » chez Belfius.

Tom De Schutter, directeur du département Développement territorial de l’? Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW), a dit partager ces craintes. « On ne perçoit pas l’ampleur de l’effort qui sera demandé aux communes », a-t-il souligné, évoquant une inconnue concernant la part de co-financement communal prévu dans les différents projets.

Dans les chiffres, la crise sanitaire a impacté négativement un certain nombre de recettes en 2020, relève Belfius dans cette étude basée sur les modifications budgétaires réalisées en cours d’année 2020 et les budgets 2021. En Wallonie, ce sont surtout les recettes perçues via les taxes locales qui ont été impactées (-1,2 % de recettes attendues en 2021). A Bruxelles, l’impact a été plus prononcé à l’Impôt des Personnes Physiques (-1,6 %). Toutefois, depuis plusieurs années, les communes bruxelloises opèrent un « tax shift » en baissant, d’une part, l’additionnel à l’IPP tout en augmentant celui sur le précompte immobilier.

Les communes et les CPAS ont malgré tout pu compter sur des aides régionales pour limiter les impacts négatifs de la crise sanitaire sur leurs budgets. En Wallonie, le gouvernement a par exemple dégagé diverses enveloppes budgétaires dès 2020 et les a généralement prolongées en 2021 afin de compenser partiellement les mesures d’allègement fiscal adoptées par les communes. En Région bruxelloise, le gouvernement a davantage privilégié les aides en faveur des CPAS pour couvrir les surcoûts en matière d’aide sociale. La Région a également compensé les pertes des recettes des communes associées à la taxe régionale sur les hébergements touristiques (City Tax).

Les demandes en revenu d’intégration, bien qu’en augmentation, n’ont pas explosé en 2020, relève encore la banque qui parle d’un « afflux de demandes d’aides sociales d’une autre nature que d’habitude ». Ainsi, les budgets consacrés au RIS en Wallonie augmentent en 2021 de 7,9 % par rapport à 2020 et de 4,5 % à Bruxelles. Le budget consacré aux « autres aides sociales » augmente par contre de 18,4 % en Wallonie et le budget « avances » de 34,2 % à Bruxelles.

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