La santé mentale des jeunes, une urgence: la crise sanitaire les a terriblement affectés

La santé mentale des jeunes, une urgence: la crise sanitaire les a terriblement affectés

« Cela fait plusieurs mois que le MR insiste sur l’importance de la santé mentale des jeunes », nous dit le député communautaire MR Nicolas Janssen. Lequel est à l’initiative d’une commission parlementaire sur ce sujet, regroupant les commissions de l’Enfance, de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Selon le MR, c’est bien la preuve que la santé mentale des jeunes est un sujet d’importance.

Témoignage poignant

« On s’est beaucoup concentré au début de la crise sur les soins intensifs puis sur les impacts économiques, mais on a sous-estimé la dimension de la santé mentale », reprend M. Janssen. « Or, c’est une dimension importante. » Le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a donc entamé une série d’auditions, la première s’étant tenue la semaine dernière. « Celle de Sophie Maes, cheffe de service de l’unité pour adolescents du Domaine (Braine-l’Alleud), a été poignante », poursuit le député. « Lors de la première vague de confinement, le nombre de demandes d’aide a baissé mais après, ça a été crescendo. Il y a 15 lits, dans son service. En général, les jeunes restent en moyenne deux mois. Le centre peut donc accueillir cinq nouveaux jeunes par mois. Mais en janvier 2021, il y a eu un pic de demandes, avec 80 demandes de jeunes. » Des jeunes en grande détresse, mais qu’il était impossible d’accueillir tous. Et Mme Maes a eu cette phrase : « Ils n’ont plus le goût de vivre, mais ils ne savent pas pourquoi. » Les autres auditions porteront sur les volets enseignement et monde de l’école, monde associatif et de terrain, administratif (relation avec des organismes comme l’ONE, par exemple). Et surtout, elles donneront la parole aux jeunes eux-mêmes. « Il est important de dire aux jeunes notre gratitude », dit encore Nicolas Janssen. « Pour ce qu’ils ont fait. Par exemple en mettant leur vie entre parenthèses pour protéger les plus fragiles. »

Parmi les pistes pour l’avenir, M. Janssen pointe précisément la nécessité de donner la parole aux jeunes. Et pas seulement lors d’auditions au Parlement. « Par exemple, il est peut-être possible d’organiser des groupes de parole dans les écoles, une fois par semaine. (…) L’un des buts est d’avoir une réflexion collective sur le bien-être. On peut aussi mettre en place des « réseaux d’ados sentinelles », ou des réseaux sentinelles plus larges, qui peuvent alerter en cas de problème et savent comment réagir. »

Le travail des parlementaires, qui débouchera sur une série de recommandations, a une dimension préventive, pour être prêt en cas de nouvelle crise. Mais il s’agit aussi d’une réflexion plus large sur le bien-être et la santé mentale des jeunes, qui ont été négligés. « Les 13-25 ans ont été les plus touchés en matière de santé mentale », constate le député. « On ne s’y attendait pas. »

Et puis il sera important de trouver des mesures réparatrices pour les jeunes en souffrance. Leurs angoisses peuvent toujours revenir.

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