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Visite au camp militaire de la princesse Élisabeth: «Elle est trop chouette!», l’héritière du trône termine sa formation dans les bois de Stockem

Visite au camp militaire de la princesse Élisabeth: «Elle est trop chouette!», l’héritière du trône termine sa formation dans les bois de Stockem
Belga

Nous voilà au milieu des bois de Stockem (Arlon), au fin fond de la Belgique. Dans une clairière, apparaissent des centaines de petites tentes igloo, couleur kaki de camouflage, blotties les unes contre les autres. De quoi loger 350 élèves officiers ! Il est 6 heures 30, les pelotons défilent pour le petit-déjeuner. Avec leur tenue militaire, combat shoes, béret et masque anti-covid, ils se ressemblent tous. Où est la fille du Roi ? Pire que de retrouver Charlie (dans la BD) ! Sous le béret bleu, on finit par reconnaître son petit chignon blond. C’est bien elle ! Sa nominette « van België » ôte les derniers doutes. Notre petite soldat de 19 ans sait que la presse (une vingtaine de médias sur place) est venue rien que pour elle. Elle joue le jeu, sourit aux objectifs qui crépitent.

Elle a bon appétit : tartines, confiture, croissant, café. Ni vaisselle en argent ni gamelle. Covid oblige, l’armée mange désormais dans du carton jetable (assiettes, couverts, gobelets) et en fin de repas, Élisabeth triera ses déchets comme tout citoyen responsable.

« Elle est trop chouette » !

À 7 heures 15, on la retrouve pour le salut au drapeau. Impressionnant de voir tous ces pelotons silencieux et alignés, dans les herbes piétinées de la forêt. Les ordres sont donnés en néerlandais (Élisabeth a choisi la promotion flamande), et tous s’exécutent. Pieds joints, pieds écartés, mains derrière le dos, main à l’horizontal pour régler l’alignement, garde à vous, puis salut lorsque la Brabançonne retentit : la prétendante au trône est dans le rythme. Cette rigoureuse chorégraphie n’a pas l’air de lui déplaire ! Le 21 juillet, elle le refera sur les pavés de la place royale, et sous le regard des plus hautes autorités du pays, dont ses parents, Philippe et Mathilde.

La journée peut démarrer. Ce vendredi, les 150 élèves officiers de première année (parmi lesquels une trentaine de jeunes femmes) découvrent la piste d’obstacles. Élisabeth, sac au dos, se hisse dans le camion de transport de troupes pour 15 minutes de trajet, sur la banquette en bois. Là encore, elle prend la peine de tourner le visage (masqué) vers les photographes, tenus à distance. Elle sourit avec les yeux et se retient tout juste de nous faire coucou de la main. « Elle est trop chouette ! », lâche un membre du service com’ du Palais, trop heureux d’avoir une si bonne élève.

Sur le parcours d’obstacles, on découvre une Élisabeth attentive aux instructions des moniteurs. Puis la voilà qui rampe dans le sable, escalade des barres de 2 mètres de haut, plonge dans un tunnel en béton… Agile et déjà très à l’aise techniquement. Il est 9 heures, le soleil chauffe, la princesse commence à suer… En fin de camp, elle devra pouvoir enchaîner la vingtaine d’obstacles, avec les bonnes techniques. Un fameux parcours ! « Comme à Koh- Lanta ! À part qu’ici, ils ont bien déjeuné, ils ne mangent pas que du riz », sourit un gradé.

Elle dort avec son FNC

Au camp, Élisabeth vit comme les autres. Pas de privilège. Elle dort seule sous sa petite tente igloo, sur un matelas pneumatique, avec son fusil FNC (sans munition) qui ne la quitte jamais. L’usage du gsm n’est autorisé qu’en fin de journée (22 heures). Il y a des exercices de nuit où ils bivouaquent dans la forêt en petits groupes, face à l’ennemi. Il faut monter la garde, assurer la permanence radio, réagir à des imprévus. « Non, on ne simule pas la guerre ni des combats », indique le capitaine Gilles Marx, commandant de promotion. « On les envoie comme en opération, on leur apprend les tactiques, comment travailler en groupe, etc. ». Quel bulletin pour son élève du palais ? « L’élève officier van België est travailleuse, méticuleuse, bien intégrée et elle a une belle marge de progression ».

>> Son commandant de promotion nous parle de son cursus : « Une élève très travailleuse. »

>> Découvrez les coulisses de notre visite au camp.

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