74e Festival de Cannes: les coulisses de l’an 1 du Festival d’après Covid-19, plus que jamais connecté

74e Festival de Cannes: les coulisses de l’an 1 du Festival d’après Covid-19, plus que jamais connecté
Photonews

S’il est impossible de pénétrer dans le Palais du Festival par son entrée principale sans montrer QR code ou test PCR en ordre, en version papier ou smartphone, il est tout à fait possible d’accéder aux salles de projection sans ce préalable sanitaire. Mais la séance terminée, il est obligatoire de repasser par l’extérieur et de se présenter à l’entrée principale du Palais pour y subir ce contrôle sanitaire.

Juste avant chaque projection, on entend la voix enregistrée du délégué général du Festival, Thierry Frémaux, rappeler l’obligation de garder le masque durant toute la séance. Mais votre placement en salle reste libre, tout au plus limité à certaines rangées. Il n’y a donc pas de possibilité de traçage en cas de découverte ultérieure d’un cas de contamination.

Au Festival de l’avant Covid, il n’était pas rare de faire des files interminables pour entrer dans une salle de projection. Et si l’on voulait être sûr d’avoir une place, il fallait se présenter dans la fille trois quarts d’heure à l’avance minimum. En plein soleil ou sous la pluie, ce n’était pas toujours une partie de plaisir.

Aujourd’hui, protocole sanitaire oblige, chaque festivalier soucieux de visionner tel film de son choix, même pour une vision réservée aux accrédités presse, doit réserver sa place en ligne 48 heures (puis finalement 72 heures) à l’avance. Si cela parut lourd à gérer au début, il s’est avéré qu’avec un minimum d’organisation, chaque festivalier fait moins la file car l’heure d’arrivée à la projection est mentionnée sur le ticket pdf.

Reste, une fois arrivé au Palais, à jongler sur votre smartphone, dont l’écran est illisible en plein soleil, avec votre code QR et votre ticket pdf. Pourvu d’avoir la connexion !

La journée d’un festivalier

Dans ce contexte nouveau, comment se déroule la journée d’un festivalier ? Si vous êtes assidu aux projections, ça peut commencer dès 8h30. Ou plus exactement à l’heure d’arrivée indiquée sur votre ticket pdf, le temps de vérifier celui-ci puis de subir la fouille toujours bien en vigueur en raison du plan « vigipirate ».

Ensuite, les projections s’enchaînent les unes aux autres en fonction de vos réservations en ligne. Sans oublier interviews et conférences de presse qu’il faut caser entre deux projections… au risque d’arriver en retard à celles-ci. Cela dit, il vous est toujours loisible d’annuler une réservation au plus tard quatre heures à l’avance. Et toujours en ligne. Mais pour récupérer ensuite le film que vous aviez coché, bon amusement. A moins de saisir une séance de rattrapage dans un petit cinéma loin du Palais. Pas simple à orchestrer tout cela. Sans parler des papiers à écrire… quand l’inspiration est là ! Voilà pourquoi le festivalier est souvent traité de râleur-né !

Depuis l’édition 2019 du Festival, la presse ne voit plus les films du jour en compétition avant tout le monde. Des critiques négatives diffusées avant la célèbre montée des marches risquaient de plomber l’ambiance supposée festive ou priver l’équipe des films des applaudissements nourris de plus de 2.000 spectateurs à leur entrée dans le Grand Théâtre Lumière. Alors la presse visionne le film en même temps, dans une autre salle. Et donc en soirée. Et comme il y a deux à trois films par jour en compétition, il n’est pas rare de sortir d’une dernière projection aux alentours de minuit.

Ce sont les responsables Horeca de Cannes qui font grise mine : ces journalistes en salle le soir, ça fait autant de couverts en moins à servir. On ne peut pas satisfaire tout le monde, c’est clair. Quant aux festivaliers accrédités presse, la carte d’accréditation pendue autour du cou même pour aller à la boulangerie ou au super marché (« pour ne pas l’oublier quand on va au Palais par après » assurent-ils), ils ne viennent pas à Cannes pour bien manger mais pour dévorer des films !

Dernière particularité de cet an 1 du Festival de Cannes post-Covid : au troisième étage du Palais, les journalistes ne disposent plus de leurs légendaires casiers où les attendait documentation sur les films et communications officielles. Pour raison écologique (consommation abusive de papier souvent très vite abandonné un peu n’importe où), ces casiers ont été supprimés. Les infos, c’est plus que jamais sur le web qu’il faut aller les chercher.

Revers de cette pratique : on a perdu ce moment précieux où, après une projection, on se retrouvaient aux casiers pour échanger nos avis sur les films visionnés et refaire le monde… du cinéma. Et surtout, il est devenu totalement impossible de couvrir un tel Festival sans être connecté en permanence à son ordi et à son smartphone. Signe des temps probablement irréversible.

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